Recension de René Lévesque, mythes et réalités (5)

Une recension des actes du colloque de 2007, sous la signature de Charles-Philippe Courtois, professeur d’histoire au Collège militaire royal de Saint-Jean, est parue dans la Revue d’histoire de l’Amérique française (été 2009).

STEFANESCU, Alexandre, dir., René Lévesque. Mythes et réalités (Montréal, VLB éditeur, coll. « Études québécoises», 2008),249 p.

Les actes du colloque René Lévesque, Mythes et réalités organisé par la Fon­dation René Lévesque en collaboration avec l’Université du Québec à Montréal ne souffrent pas des écueils qui guettent souvent les ouvrages collectifs, soit le caractère trop disparate ou la qualité trop inégale des textes. Seule exception : la courte contribution de Lysiane Gagnon n’est qu’une opinion qui se voudrait critique du mythe Lévesque qui serait à dégonfler puisque le référendum de 1980 a échoué, mais le texte est très superficiel. Dans l’ensemble, au contraire, le public trouvera rassemblées dans ce recueil une bonne douzaine d’études intéressantes abordant diverses facettes d’un des hommes politiques les plus marquants du XXe siècle québécois. En outre, l’ouvrage est accompagné de l’enregistre­ment sur CD d’un discours prononcé par René Lévesque au Collège Sainte-Marie à Montréal le 9 mai 1964, durant la « Semaine du nationalisme ».

Trois thèmes furent soumis aux participants : les influences et l’héritage ; un social-démocrate ; la question nationale. Serge Denis, Marc Comby et Alain Noël s’attardent à la question des rapports de René Lévesque avec la gauche. Serge Denis en profite pour exposer des analyses développées ailleurs sur l’histoire de la social-démocratie. Pour lui, un parti social- démocrate présente un programme socialiste, non révolutionnaire et est formé par des organisations syndicales, à l’exemple du Labour Party. Un petit nombre de nations en Occident n’ont pas connu ce phénomène, dont le Québec. Le PQ n’est donc pas un parti social-démocrate au sens strict. Seulement, dans la conjoncture où il vit le jour, il fut le parti le plus proche du peuple québécois, notamment sur le plan national qui lui permit de déclasser toutes les organisations socialistes qui courtisèrent cet électorat, tout en se montrant actif sur le terrain des mesures sociales.

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