50e anniversaire du Parti Québécois : le discours d’ouverture de René Lévesque au premier congrès

Couverture du programme du premier congrès du Parti Québécois

Il y a cinquante ans, le 11 octobre 1968, s’ouvrait le premier congrès d’un nouveau parti politique qui allait prendre trois jours plus tard le nom de Parti Québécois.

Le Mouvement souveraineté-association (MSA) s’unissait alors au Ralliement national (RN) pour fonder ce nouveau parti souverainiste. Le MSA avait été lancé par René Lévesque près d’un an plus tôt, après son départ fracassant du Parti libéral en raison du rejet de sa proposition d’un « Québec souverain dans une nouvelle union canadienne ». Il reprendra cette proposition en l’étayant dans son essai-manifeste Option Québec publié en janvier 1968 et vendu à plus de 50 000 exemplaires.

Le RN était l’un des deux partis indépendantistes fondés dans les années 60 avec le Rassemblement pour l’Indépendance nationale (RIN). Conduit par Pierre Bourgault et nettement à gauche, le RIN était principalement implanté à Montréal. Dirigé par Gilles Grégoire et plutôt de centre-droit, le RN était mieux établi en région. Aux élections de 1966, ils avaient remporté ensemble près de 9 % du vote, contribuant ainsi à la défaite du Parti libéral aux mains de l’Union nationale. Depuis le printemps, les trois groupes discutaient pour former un nouveau parti politique unissant les forces souverainistes. Si le RN et le MSA réussissent à s’entendre, le RIN est en désaccord avec les positions concernant l’association avec le Canada et les droits scolaires de la minorité anglophone. Quelques jours après ce congrès, le 26 octobre, le RIN choisira de se dissoudre pour cause indépendantiste et invitera ses membres à joindre le PQ.

Minutieusement préparé, ce congrès a lieu du 11 au 14 octobre 1968 au petit Colisée de Québec et rassemble près de 1000 délégués provenant de toutes les régions du Québec. En quatre jours, les participants adoptent une plateforme ambitieuse dont l’objectif principal est la création d’un état souverain de langue française par une action démocratique constante. La souveraineté est assortie d’une association économique avec le Canada. La démarche se veut aussi respectueuse des droits des minorités. Dans son message se trouvant dans le document d’information intitulé Ce pays qu’on peut bâtir et remis aux délégués, René Lévesque précise :

« …c’est la promesse d’un parti authentiquement populaire et démocratique, d’un programme pour une société véritablement renouvelée, d’un pays capable d’acquérir sa liberté dans un climat civilisé, où fermeté d’acier n’exclue pas le respect de l’autre ».

Pour souligner le cinquantenaire de ce grand parti dont les réalisations suscites encore l’admiration de nombreuses personnes, nous vous invitons à lire le discours que René Lévesque avait prononcé à la soirée d’ouverture de ce congrès.

Christian O’Leary
Directeur général


 

Nous sommes réunis pour fonder et lancer un parti nouveau.

Nous avons réussi une espèce de prodige depuis le printemps, depuis six mois : celui de commencer, péniblement, mais sans perdre le nord, à définir et à orienter ce qui n’était encore qu’un mouvement spontané et inconsistant, réuni autour d’une option politique. Ce soir, et jusqu’à lundi, nous avons un autre prodige à réaliser et c’est de loin le plus décisif des deux.

C’est déjà un miracle, de toute façon, qu’on ait pu mettre sur pied ce deuxième congrès en six mois. Il ne faudrait pas recommencer chaque année, car ni le parti ni ses cadres ne feraient de vieux os.

Ce miracle, on le doit surtout à quelques douzaines de véritables forcenés, qui ont complété nos très modestes ressources par la plus incroyable dépense de force et de dévouement que j’aie jamais vus de toute ma carrière politique. Il y en a, surorganisé, [qui ont préparé] la documentation, puis les résolutions et les projets de statuts [et] qui y ont mis non seulement tout leur loisir, mais bien tout leur temps, depuis le printemps, pendant tout l’été, en plus de ces derniers quinze jours-trois semaines, se relayant jour et nuit.

Merci aux centaines de militants exténués qui sont délégués.

Je voudrais, en notre nom à tous sûrement, souligner aussi la participation constante, infatigable, épuisante souvent, qu’ont fourni depuis le début ces pionniers de la toute première heure du MSA, Marc Brière, Rosaire Beaulé, Guy Pelletier et Doris Lussier, qui ne se représentent pas à l’exécutif pour laisser la place à d’autres, pour que les cadres puissent s’en élargir, et qui restent déterminé à militer aussi fort et à payer de leur personne partout où ils seront appelés.

Et je veux saluer, avec Gilles Grégoire, tous nos alliés du Ralliement national, qui sont déjà avec nous comme délégués, même s’ils n’ont eu que deux mois pour nous retrouver, et dont l’énergie et la persévérance promettent de renforcer puissamment le parti où nous serons désormais tous ensemble, côte à côte.

C’est un défi que nous avons à relever ensemble d’ici lundi. Nous avons tous voulu un congrès aussi libre et ouvert qu’il est humainement possible. Nous devons aussi faire un congrès qui aboutit.

C’est donc un geste important, très grave, que nous avons à accomplir. Car ce parti, il faut tâcher de lui donner, dès sa naissance, les qualités de sérieux, d’honnêteté et d’efficacité qui le rendront digne d’être l’instrument politique des changements fondamentaux que nous préconisons pour le Québec.

Afin d’atteindre cet objectif, il faut que nous apprenions à marcher systématiquement, inlassablement, à la conquête du pouvoir. Si nous y croyons assez, et si nous savons employer vigoureusement tous les moyens légitimes, nous y arriverons – et peut-être bien plus vite qu’on ne le croit chez nos adversaires… et même dans nos propres rangs.

 En même temps, nous allons aussi être obligés, en quelque sorte, de réhabiliter la notion même de parti politique. Il y a chez nous des gens très nombreux, en particulier, mais pas exclusivement chez les jeunes, qui vomissent les partis, qui n’y croient plus – parce que nos vieux partis ont tout fait, trop souvent, et font encore tout ce qu’ils peuvent pour devenir absolument incroyables! Et ils achèvent assez évidemment lorsque la domination [devient] si souvent stérile et frauduleuse de la société québécoise.

Pourtant, il est fort probable, si l’on ne doit pas tomber dans le chaos, que des partis seront encore longtemps nécessaires pour permettre à toutes les sociétés humaines, la nôtre comme les autres, qui sont imparfaites, de débattre et de décider les corrections et les progrès dont elles ont besoin. Peu importe la forme qu’ils prennent ou les noms qu’on leur donne, il faudra continuer à avoir des partis, afin de permettre aux hommes de se regrouper autour d’idées à faire valoir et de buts à atteindre, et autour d’une action aussi bien organisée que possible en vue de faire triompher ces idées et de réaliser ces buts.

C’est le choix que nous avons fait et que Gilles Grégoire évoquait quand il donnait le premier de nos objectifs fondamentaux sur lesquels nous nous sommes réunis avec le RN, de créer un état souverain de langue française par une action démocratique constante. Nous avons fait le choix de l’action politique par un parti politique. Ce qui veut dire que nous avons fait le choix aussi de nous exposer dès la prochaine au verdict électoral de nos concitoyens. Il y a des gens chez nous qui disent, en mettant ça entre guillemets, qu’il faut faire attention à l’« électoralisme ». Il y a aussi des gens chez nous, inévitablement comme dans tous les pays du monde, qui rêvent à de fantastiques révolutions en dehors de toute action normale. Des révolutions, hélas, qu’on prépare trop souvent dans les maquis confortables du salon. Ou encore des gens qui n’ont tout simplement pas encore accepté d’avoir l’énergie et l’humilité en même temps qu’il faut pour harnacher même les plus nobles impatiences à la dure patience de l’action systématique de persuasion vis-à-vis de l’ensemble de nos concitoyens.

Nous ne parviendrons pas du premier coup, c’est bien sur, à nous purger des mauvaises habitudes, de tous ces aspects mesquins et déprimants de la « partisanerie » traditionnelle dont les vieux partis ont trop longtemps affligé le paysage politique du Québec. Il est même très possible que nous n’y parvenions jamais complètement. Mais nous pouvons et nous allons tâcher, d’arrache-pied, de nous faire un parti qui ne soit pas « nouveau » seulement parce qu’il est le dernier à venir au monde.

Il doit y avoir moyen de prouver, sans tomber dans l’incohérence ou l’idéalisme échevelé, qu’un parti politique peut être réaliste sans tomber dans l’opportunisme, peut appartenir vraiment à ses militants tout en demeurant efficace, peut être un rendez-vous de citoyens adultes et responsables sans devenir un club académique, et peut même contenir toute la passion d’une grande cause sans dégringoler dans la fébrilité ou l’agitation improvisée.

C’est là le défi que nous avons à relever, en commençant tout de suite, pendant les trois jours qui viennent.

Si nous y arrivons honorablement, ça se verra. Et quand ce sera devenu assez visible pour tous, non seulement nous arriverons au pouvoir, mais ce pouvoir nous l’aurons mérité, et nous serons prêts à l’exercer comme il faut.

Mais ce pouvoir, il faudra savoir également comment le répartir dans la société. Cela aussi, c’est une chose à laquelle nous devons commencer à nous préparer tout de suite – dans la vie interne de notre parti et dans l’esprit que nous donnerons à notre programme.

Pour reprendre une expression que j’ai lue et qui m’a frappé ces jours derniers – il faut que nous apprenions non pas seulement à conquérir le pouvoir, mais à favoriser et à préparer en même temps la « conquête des pouvoirs » par tous ceux qui, dans notre société soi-disant démocratique, ne participent pas ou si peu aux décisions, même à celles qui les affectent le plus intimement.

Car cette expression tellement à la mode aujourd’hui de « participation », si elle doit signifier quelque chose de valable et cesser d’être uniquement une addition au vocabulaire, elle n’est au fond que l’extension, ou plus exactement le sens véritable qu’aurait toujours dû avoir le mot « démocratie » – mais qu’on ne lui a jamais permis de prendre.

La démocratie, ça veut d’abord dire que l’autorité prend sa source dans le peuple. Quand on s’est vu forcé, jadis, d’accepter cette notion, on s’est aussitôt acharné à réduire cette source populaire au rôle d’un maigre filet électoral, qui ne jaillit plus normalement qu’au moment du vote – après quoi l’on ferme immédiatement le robinet. Dès que le scrutin est passé, et pour toute la durée de leur mandat, trop d’élus, sinon la plupart, se sont habitués à se comporter comme tous les patrons traditionnels et si vites intransigeants, qu’on retrouve dans les autres secteurs – administration, éducation, économie, etc. Ces dirigeants qui se voient trop souvent comme des oints du Seigneur, patrons de droit divin installés dans des structures qui seraient elles aussi descendues du ciel en même temps que les Tables de la Loi.

Au fond de tous les conflits et contestations, de plus en plus nombreux, et complexes, et angoissants, qui se multiplient dans ces divers secteurs, en dessous des revendications et des griefs précis qui peuvent différer aussi bien qu’exagérer, n’y a-t-il pas quelque chose qui commence à ressembler à une révolte générale contre tous ces cadres à la fois rigides et souvent si démodés dans lesquels on prétend sans discussion et même volontiers sans explication enfermer des êtres humains? Ne sommes-nous pas en train d’assister au réveil des pions qui en ont assez de se sentir manipulés par des joueurs d’échecs qui se pensent indiscutables?

À l’échelle nationale, celle de tout notre peuple, c’est d’ailleurs justement ce genre de révolte que nous devons tâcher de suscites pour de bon, de canaliser et de rendre féconde.

C’est comme un pion, lui aussi, sans aucune consultation sérieuse, sans explication valable, essentiellement pour renchausser les positions d’un vieil empire européen face à la jeune agressivité américaine, que le peuple québécois fut naguère casé dans le régime fédéral. Un échiquier sur lequel nous n’avons pas cessé, depuis lors, d’avancer ou de reculer au gré de stratégies qui ne tiennent compte des intérêts du Québec qu’en dernier lieu, quand il reste du temps ou quand le petit pion rouspète et qu’il faut le calmer. Ce régime, il nous a émasculés collectivement, nous a forgé cette mentalité de gens « nés pour un p’tit pain », cette mentalité servile et médiocre de trop de ceux de qu’on appelle nos élites. Ce régime, c’est lui qui, en nous gardant disloqués entre Ottawa et Québec, a développé notre inaptitude tragique à saisir l’ensemble de notre situation, et à déboucher, au moins par-ci par-là sur le minimum vital de solidarité dont tous les peuples ont besoin à quelques moments cruciaux de leur existence.

Ce régime, nous en sommes convaincus, c’est lui avant tout qui nous a dégradés collectivement au point de nous faire croupir dans l’acceptation béate ou résignée, d’une situation minoritaire, coloniale et inférieure.

C’est bien vrai, comme disent souvent les experts patentés, que le Québec français n’a encore rien produit, dans presque tous les domaines importants, qui le justifie de se faire péter les bretelles. Mais quand ils disent cela sans indiquer de façon convaincante comment ça peut changer, se rendent-ils compte qu’ils ne font ainsi que saper davantage le moral d’une société qu’on a élevée terriblement peureuse et terriblement irresponsable?

Sont-ils conscients de la stérilité de leur attitude, ceux qui, naïvement ou cyniquement selon les cas, proposent de laisser de côté les problèmes constitutionnels, « et de s’occuper uniquement du pain et du beurre »? Et ceux qui développent le refrain, en se donnant de bons petits airs d’esprits pratiques: « Bien sûr, ça garde une certaine importance, le statut politique, pour quand on aura le temps, mais c’est à « demain matin » qu’il faut penser, aux milliers d’emplois nouveaux qu’il est urgent de créer… »

Voilà, en effet, une urgence véritable. C’est même une vieille urgence, et qui a la vie dure. C’est une urgence qui n’en finit plus de s’éterniser; et elle va se maintenir, et s’aggraver, à travers tous les « demains matins » que nous vivrons encore sous le régime actuel. Ce n’est pas le manque d’éducation ni le manque de compétence qui nous retardant seuls, ni même principalement – ne vient-on pas de révéler que même avec une éducation égale et même ici, chez nous, au Québec, les nôtres demeurent économiquement et socialement au bas de l’échelle? Pas plus la création réelle et non plus verbale ou électorale des emplois nécessaires, que les promotions et la prise en mains des responsabilités tout aussi indispensables, ne viendront jamais à une société minoritaire, dépendante et incertaine d’elle-même. Sauf pour les arrivistes, et pour les politiciens dans dont la démagogie la pire est celle qui se donne un visage angélique pour exploiter nos vieilles peurs les plus paralysantes devant un changement qui s’impose.

Nous les créerons les emplois, au lieu de les quêter aux autres, et en vain trop souvent; nous deviendrons un peuple sain, et productif, s’étonnant lui-même de ce dont il est capable, ce dont il ne s’est jamais cru capable… Nous serons cela le jour – mais pas avant – où nous serons ici chez nous, au Québec, une majorité normale, souveraine et responsable.

Nous ne ferons pas le paradis du jour au lendemain. Ce n’est pas du soir au matin que nous rattraperons tous les retards que nous avons laissés s’accumuler. Mais c’est du soir au matin que se passera l’essentiel : le jour même où se décidera une majorité claire, le peuple pion sera devenu un peuple maître, le peuple incohérent et dépendant se verra enfin chargé de son propre destin, â la tête de son propre chantier.

Ce jour-là, tout deviendra possible, ce qu’un petit peuple libre et sûr de lui peut encore accomplir de surprenant, même au milieu des géants qui encombrent l’univers.

Tant que ce jour-là ne sera pas venu, on va continuer tant bien que mal à survivre, à rouspéter, et à prendre pour les lanternes de l’avenir les vessies du statu quo plus ou moins rafistolé. On va continuer par exemple à faire épousseter par des bataillons entiers de spécialistes cette vieille notion d’une république fédérale qui n’est que pure poudre aux yeux, – où nous demeurerions colonie à l’intérieur d’une république de façade comme nous le sommes dans le vieux Dominion… et derrière ce paravent, on va continuer à manipuler l’illusionnisme centenaire d’un « Canada à dix » marié avec un « Canada à deux »… où il y en aura sans cesse un sur deux, qui est également un sur dix, qui se fera avoir – comme toujours, jusqu’à ce qu’i1 en sorte…

Seule la souveraineté du Québec nous sortira seule de tous ces fouillis déprimants, de cette longue et dangereuse stagnation d’où surnagent péniblement nos maigres poignées de « foremen » et d’hommes de paille et d’exceptions toujours fragiles et solitaires.

Une fois acquise, cependant, cette souveraineté, il faudra savoir en répartir convenablement l’exercice aussi bien que les bénéfices. Et ça aussi, ça commence à se préparer tout de suite.

Comment notre société apprendra-t-elle à partager ses pouvoirs entre tous ses citoyens? Il faut, et sans doute l’évolution fera-t-elle qu’il faudra de plus en plus, donner vraiment à tous les hommes cette participation réelle, ces pouvoirs leur permettant d’orienter eux-mêmes leur existence, ces pouvoirs que la démocratie leur promettait dès son apparition, amis que les profiteurs de la démocratie ont trop longtemps confisqués dans tous les secteurs.

Comment tirer l’enseignement, par exemple, de son vieux climat paternaliste au détriment des enseignants, des élèves et de l’éducation elle-même? Comment introduire là des structures et plus encore un esprit capable de « rentabiliser » au maximum l’indispensable révolution que nous avons à peine amorcée dans un système qui était si dangereusement sclérosé qu’il nous faisait avancer en arrière.

Comment faire passer, comme il faut, ce même renouveau et cette même participation démocratique dans le secteur public, dans nos institutions municipales démodées et dans les cadres régionaux qui restent à créer? Comment accélérer la modernisation et en même temps la « civilisation » des entreprises et de tout le régime économique?

Voilà des questions qu’on ne peut éviter, et que vous retrouverez sans cesse dans la documentation qu’on a préparée et â tous les détours de vos propres résolutions.

Il faut que nous commencions, au moins, à y répondre de notre mieux d’ici à lundi. De même que, en priorité encore plus pressante, nous verrons partout, dans tous les domaines, se profiler la question la plus vaste et la plus lancinante de toutes – comment même faire soupçonner leur participation possible, et l’espoir auquel ils ont droit, â tous ceux chez nous qui sont dans la misère? Comment éviter ces fraudes cruelles que sont les « guerres à la pauvreté » qu’on proclame sans véritable impatience, et ces « sociétés justes » qu’on ne prend aucunement les moyens de réaliser?

C’est là, chez tant de milliers de nos concitoyens, dans nos milieux sans horizon dans nos quartiers dégradés, dans nos secteurs de petits emplois fragiles et d’assistance sociale héréditaire, que nous devons faire porter le souci le plus brûlant et le plus fraternel du parti que nous allons fonder.

Le Québec souverain, ça presse pour tout un peuple.

Mais ça presse surtout, et il faut s’y attacher et le démontrer sans cesse, de mieux en mieux, afin que nous ayons enfin en mains les outils et l’énergie qu’il faut pour sortir du trou les plus mal pris d’entre nous.

Comme le dit un proverbe chinois avant Mao, « Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas ». Si le premier pas est bien fait, nous aurons parcouru la moitié du chemin. Les trois jours qui viennent et que nous réussirons est un commencement qui sera déjà un gros morceau du parcours.

 

René Lévesque
Ouverture du Congrès MSA-RN
11 octobre 1968

NDLR : Les parties en italique indiquent la transcription des annotations manuscrites.

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