Brèves

C’est sous le thème RENÉ LÉVESQUE, HOMME DE LA PAROLE ET DE L’ÉCRIT, que se tiendra le deuxième colloque scientifique organisé par la Fondation René-Lévesque. Une quinzaine d’universitaires spécialisés dans les domaines des communications, des sciences politiques  et de l’histoire ont été invités à y faire état de leurs travaux.

Le colloque se tiendra à Montréal à la fin de l’année 2011 mais, dès le  printemps prochain,  on trouvera sur le site de la Fondation la date ainsi que les détails du programme et les noms des intervenants. Ce colloque sera ouvert au grand public et les actes seront publiés dans les mois suivant sa tenue.

D’ici là, nous invitons les internautes à revenir régulièrement dans notre site car ils y trouveront de nouveaux textes d’analyses ou des témoignages relatifs à la vie et à l’oeuvre de René Lévesque.

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Le Conseil d’administration a mandaté deux de ses membres, Suzanne Lévesque et Alexandre Stefanescu, pour se rendre prochainement en Guinée à la généreuse invitation de madame Salimatou Diallo, fondatrice de l’Université René-Lévesque de Conakry. Les délégués du conseil participeront à la première cérémonie de remise des diplômes de l’histoire de cette jeune université. Les programmes d’enseignement couvrent plus particulièrement les filières suivantes: administration des affaires, sciences comptables, sciences économiques et gestion, sciences juridiques, sociologie, langue anglaise et informatique. C’est avec un grand plaisir que les membres de la délégation se préparent à aller constater le dynamisme de cette jeune institution nommée en l’honneur de l’ancien premier ministre du Québec.

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Le Conseil d’administration de la Fondation René-Lévesque offre à tous les visiteurs du site ses meilleurs vœux de santé et de prospérité à l’occasion de Noël et de la Nouvelle année.

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Recension de René Lévesque, mythes et réalités (4)

Un compte-rendu des actes du colloque de 2007, René Lévesque, mythes et réalités, signé dans Le Devoir par Louis Cornellier, dans sa chronique du 25 octobre 2008.

Par Louis Cornellier.

«Les politiciens de tous bords, en mal de filiation, se réclament encore régulièrement des idées ou des actions de René Lévesque, constate Alexandre Stefanescu dans la présentation de René Lévesque. Mythes et réalités. Il est devenu la principale référence du monde politique québécois.» Mais, demande Martine Tremblay, ancienne directrice de cabinet du chef péquiste et collaboratrice à ce collectif, «comment donc retrouver la vérité de René Lévesque»?

C’est à cette mission que s’attachent la quinzaine de participants réunis dans cet ouvrage, issu d’un colloque tenu l’an dernier. «Analyser le parcours intellectuel, retracer les influences, approfondir les idées et préciser la contribution de René Lévesque à l’évolution du Québec», tel est le programme présenté par Claude Corbo aux savants invités à cet échange de vues.

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Recension de René Lévesque, mythes et réalités (3)

On lira. ci-après, un compte-rendu des actes du colloque de 2007, paru sous la signature de Laurent Laplante dans la revue Nuit blanche, numéro 114, avril, mai, juin 2009.

Alexandre Stefanescu (dir.). René Lévesque : mythes et réalités, Montréal, VLB éditeur, 2008, 252 p.

Par Laurent Laplante.

En novembre 2007, vingt ans après la mort de René Lévesque, un colloque dit scientifique a réuni une brochette d’universitaires appelés à étoffer les thèmes suivants: René Lévesque, les influences et l’héritage; René Lévesque, un social-démocrate?; René Lévesque et la question nationale. Personne n’explique pourquoi la journaliste Lysiane Gagnon s’ajouta à la gent universitaire.

Premier constat, prévisible en travail d’équipe, les perceptions diffèrent de l’un à l’autre. Pour Lysiane Gagnon, ce que fut René Lévesque importe plus que ce qu’il a fait. À cette opinion, Serge Denis préfère celle selon laquelle le legs de rené Lévesque comprend, oui, des lois névralgiques, mais surtout le renouveau des références politiques et sociales et, plus encore, une confiance inédite du Québec en ses possibilités.

Certains observateurs, sans qu’on puisse s’en étonner, ont parlé de leur spécialité plus que de Lévesque. Ainsi Marc Comby qui se concentre si bien sur l’évolution de la gauche et de l’extrême gauche québécoises qu’il en oublie presque l’objet du colloque. D’autres, comme Louis Balthazar ou Daniel Jacques, présentent des vues valables, mais qu’ils ont eux-mêmes déjà répandues.

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Recension de René Lévesque, mythes et réalités (2)

Une deuxième recension des actes du colloque de 2007 vient de paraître dans la revue Mens, volume X, no 2, printemps 2010.

Alexandre Stefanescu (dir.). René Lévesque : mythes et réalités, Montréal, VLB éditeur, 2008, 249 p.

Par Mathieu Bock-Côté, Département de sociologie Université du Québec a Montréal

Ce collectif, sous la direction d’Alexandre Stefanescu, est tiré d’un colloque tenu à l’automne 2007 à la Grande Bibliothèque sous l’autorité de la Fondation René-Lévesque, qui entendait faire un bilan des connaissances et des interprétations disponibles sur René Lévesque. Devenu mythe national de son vivant et consacré dans cette fonction les jours qui ont suivi son décès, René Lévesque occupe à lui seul le panthéon des héros du Québec moderne, à la manière du père fondateur d’un pays longtemps imaginé et toujours imaginaire. Mis à part la monumentale biographie que lui a consacrée Pierre Godin et l’essai que lui a récemment consacré Martine Tremblay, Derrière les portes closes, en plus d’un collectif paru au début des années 1990, enregistrant quelques années après sa mort son empreinte sur la société québécoise, et des quelques essais critiques qui ont jalonné sa carrière politique, on trouve peu de sources valables sur Lévesque, et encore moins sur son œuvre. Ce livre est pour cela plus que le bienvenu et contribue à un renouvellement des perspectives sur le travail d’un homme qui aura laissé, comme le veut la formule, une empreinte définitive dans la conscience nationale.

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René Lévesque et la Crise d’octobre

Par Martine Tremblay, vice-présidente de la Fondation René-Lévesque et auteur du livre Derrière les portes closes. René Lévesque et l’exercice du pouvoir (1976-1985).

Depuis plusieurs semaines,  les  médias écrits et électroniques ont fait une large place aux événements qui ont secoué le Québec en octobre 1970, soit il y a exactement quarante ans.  Anciens acteurs du drame, témoins, journalistes, commentateurs ont multiplié les entrevues et les textes dans les journaux, soit pour justifier ou critiquer les gestes posés à l’époque, soit pour tenter d’éclairer les zones d’ombre et questions sans réponse qui continuent de susciter la curiosité des uns et des autres.

Plusieurs ont évoqué, de diverses manières, l’attitude de René Lévesque au cours de cette période. Qu’en est-il exactement ?

En cet automne 1970, le président du Parti Québécois, René Lévesque, battu dans la circonscription de Laurier lors des élections générales qui  ont eu lieu en avril, est chroniqueur au Journal de Montréal. Dès le début de la crise,  après l’enlèvement du diplomate britannique James Richard Cross et celui du ministre Pierre Laporte, René Lévesque se joint à une quinzaine d’autres personnalités des milieux universitaire, journalistique et syndical, pour demander solennellement  au premier ministre Robert Bourassa  de tout mettre en œuvre pour sauver la vie des deux otages, quitte à accepter de discuter la libération de certains prisonniers politiques.

Cette position, le groupe la défendra inlassablement, jusqu’à ce que la promulgation par Ottawa de la Loi des mesures de guerre et la découverte du cadavre de Pierre Laporte ne viennent dramatiquement clore le débat.

Presque toutes les chroniques de René Lévesque publiées au cours de cette période traitent de la crise. La lecture de ces textes permet de cerner de manière très précise la pensée de l’homme politique et ses réactions face aux événements.  Cette pensée s’articule autour de quatre éléments-clés :

–        Il faut condamner et rejeter absolument l’action et les méthodes du FLQ

–        Le gouvernement québécois doit tout faire pour sauver la vie des deux otages

–        La crise est québécoise et doit être gérée et solutionnée au Québec, par le gouvernement du Québec

–        Il faut éviter que le  gouvernement d’Ottawa ne prenne le contrôle de la situation et se serve de la crise pour mater les groupes   légitimes d’opposition et le mouvement souverainiste québécois.

Parmi les chroniques signées à l’époque par René Lévesque, deux retiennent particulièrement l’attention, l’une, écrite au lendemain du recours à la Loi des mesures de guerre, le 17 octobre, et l’autre en réaction à la mort de Pierre Laporte, le 19 octobre.

Dans la première, René Lévesque ne craint pas de dire que « Le Québec n’a plus de gouvernement (…) Le Cabinet Bourassa a passé la main et n’est plus que le pantin des dirigeants fédéraux ». Condamnant tour à tour les ravisseurs du FLQ, « qui se sont lancés corps et âme perdus dans cette carrière si tragiquement contraire à l’intérêt de notre peuple », et les autorités fédérales, dont « le recours précipité à la Loi des mesures de guerre nous paraît découler d’une panique et d’un raidissement absolument excessif », le président du Parti Québécois fait appel « à l’ensemble des Québécois, surtout aux plus autorisés, confiants de trouver chez nous, à cette heure d’une gravité sans précédent, assez de solidarité et de calme solidité démocratique pour empêcher ce dangereux climat d’aller jusqu’à la répression aveugle. »

Dans le deuxième papier, bouleversé par le décès tragique de son ex-collègue, René Lévesque s’en prend d’abord aux felquistes, à qui il souhaite « le pire des châtiments : de vivre assez longtemps pour voir qu’ils ne représentent rien ni personne de valable, que leur geste était non seulement criminel, mais insensé. » Mais, du même souffle, il s’en prend à la ligne dure d’Ottawa : « nous croyons que la ligne intraitable et sans compromis de la raison d’État, qu’Ottawa a dictée jusqu’à présent, porte une lourde part de responsabilité pour le dénouement tragique que nous vivons. »

En ce qui concerne l’attitude de René Lévesque face au déploiement de l’armée dans les rues de Montréal et Québec, il importe de dissiper l’ambiguïté créée notamment par l’auteur de la préface du livre de William Tetley portant sur Octobre 70. Monsieur Bernard Ouimet affirme en effet que le président du Parti Québécois  a  approuvé la décision de faire appel aux militaires, ce qui servirait à justifier la ligne dure privilégiée par les autorités politiques à l’époque.

Voyons ce que dit René Lévesque dans sa chronique du 30 octobre : « L’armée occupe le Québec. C’est désagréable mais sans doute nécessaire aux moments de crise aiguë (…) Ces forces armées ordinairement en chômage de luxe, ce gaspillage permanent dont nous ne recevons que les miettes, voilà que pour quelques semaines on en tire un utile travail de police ». Mais il prend  bien soin de distinguer ce recours à l’armée, comme force policière d’appoint, de la répression sévère qui a suivi. « Confondre, dit-il, ces renforts militaires avec l’odieuse loi des mesures de guerre, qui est tout à fait autre chose, cela fait partie des astuces démagogiques dont monsieur Trudeau et son entourage démontrent couramment leur parfaite maîtrise… »

René Lévesque ne changera jamais de position, par la suite, sur ce qui constitue pour lui la trame implacable des événements d’octobre 70 : l’action irresponsable et absolument condamnable de la poignée de ravisseurs du FLQ, la démission honteuse et humiliante de Robert Bourassa face à Ottawa, le caractère odieux de la Loi des mesures de guerre et des arrestations massives qu’elle a entraînées, et la volonté d’Ottawa  d’utiliser la crise pour briser les forces progressistes du Québec et tuer le mouvement souverainiste.

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