Souvenons-nous de Guy Joron

Pour saluer la mémoire de Guy Joron qui vient de nous quitter et qui a été l’un des sept premiers élus du Parti Québécois en 1970, puis ministre dans le premier gouvernement de René Lévesque, nous vous invitons à visionner une entrevue qu’il a donnée dans le cadre de la programmation de Mémoires de députés sur le site Web de l’Assemblée nationale.

Dans la première partie de l’entretien, il y raconte son entrée en politique et sa première élection. Dans la seconde, il relate comment il a préparé la première politique énergétique du Québec.

Nous offrons toutes nos condoléances à sa famille et à ses amis.

http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/emissions-capsules-promotionnelles/memoires-deputes/AudioVideo-38147.html

http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/emissions-capsules-promotionnelles/memoires-deputes/AudioVideo-38149.html

Note : Les deux vidéos sont en format Flash. Il est possible qu’il soit nécessaire d’activer Adobe Flash Player pour les visionner. Si nécessaire, suivez les directives en ligne pour votre navigateur : Firefox, Chrome ou Safari.

Share

Nos vœux de paix et de bonheur

Au nom des membres du conseil d’administration de la Fondation, je vous souhaite que le temps des fêtes soit l’occasion de belles réjouissances et de joyeuses retrouvailles.

Que la nouvelle année comble vos vœux les plus chers, et qu’elle se déroule sous le signe de la santé, de la générosité et l’amitié.

Je profite de l’occasion pour vous inviter à lire ce petit conte de René Lévesque publié en 1975, l’avant-veille de Noël, dans le journal Le Jour :

Petit conte noir et rose

C’était la veille de Noël. J’avais ma voiture à récupérer, après quelques jours d’hospitalisation dans un garage de la plus lointaine banlieue. C’est à ces moments fastes de l’année, tout le monde le sait, que la mécanique se fait un plaisir démoniaque de se dérégler.

J’avais téléphoné au tout début de l’après-midi, sans grand espoir. « C’est fait, m’avait-on répondu : vous pouvez passer quand vous voudrez. »

Conte noir et rose de René Lévesque
Photo de Christian O’Leary
Fondation René Lévesque

À cinq heures, j’arrive, après une randonnée d’autobus qui m’a fait comprendre que les billets à 50 cents sont chers surtout pour ceux dont le temps est de l’argent.

« Bon, m’a dit le patron de la boîte, vous n’avez qu’à la prendre dehors à côté de la porte. On la réchauffe justement depuis un quart d’heure. »

Déjà, il avait l’air faux. Faux par le ton. Faux par les yeux qui n’osent regarder en face. Tandis qu’il s’efforce à la fausse cordialité. Et faux encore plus lorsqu’il me met sous le nez une facture où son inscrites huit heures et demie de travail pour le remplacement d’une ou deux pièces qu’on n’avait pas commencé à poser hier soir sur une bagnole qui était prête à repartir à midi.

Je le regarde. La longue face en lame de couteau, coiffée d’une fausse casquette d’officier, est penchée sur la fausse addition, gênée oui, mais plus têtue que gênée et aussi vorace que têtue. À quoi bon discuter? Comme je n’y étais pas, il inventera n’importe quoi.

Au moment de partir, un bon coup réussi, il commençait à se détendre.
– « Bon, il resterait juste à vous souhaiter… »
– « Oui, salut. » Et je lui tourne le dos. Pas de faux Noël par-dessus le marché!

Tellement en maudit que je ne vérifie même pas le niveau de l’essence en reprenant la voiture. « En marche depuis un quart d’heure, » avait-il dit. J’aurais dû y penser…

Il n’y avait pas dix minutes que j’étais sur l’autoroute que, ratés, faibles sursauts, dernier soupir : la panne sèche.

Une veillée de Noël surtout, allez donc faire arrêter sur cette piste de course des gens qui ne songent plus qu’à rentrer au chaud avec les dernières emplettes. Bien sûr, c’est aussi le moment où la police est ailleurs. Je me résignais à choisir entre la longue marche ou la découverte d’une étable, quand, tout à coup, dans un douloureux grincement, des freins se sont appliqués à 70 à l’heure et une petite Volks s’est ensuite ramenée tout doucement, la portière déjà entr’ouverte.

C’était un jeune anglophone plein de franchise et de Christmas spirit. Sa femme l’attendait à la maison mais il a quand même fait un détour de trois bons miles pour me trouver un garage encore ouvert avec une remorqueuse à la porte. Ce qui lui a permis de m’expliquer joyeusement comment il était opposé au « separatism » mais que s’il était lui-même « French Canadian » ce serait évidemment autre chose. Puis il a tenu à entrer avec moi.
– « Si ça ne marche pas, dit-il, je téléphonerai à un gars que je connais un peu plus loin. »

Mais ça a marché. Difficilement. Propriétaire et mécanicien, ils étaient là, deux copains arméniens arrivés au pays depuis huit ans. Ils avaient hâte de fermer mais pris au dépourvu et sans doute aussi de pitié, ils ont fini par accepter après s’être longuement consultés dans leur langue tandis que j’attendais avec angoisse le verdict de ce tribunal exotique. Pour sceller l’entente, on avale ensemble le petit verre des Fêtes. Ensuite, revêtant son coupe-vent avec un soupir, empoignant le bidon de deux gallons, le mécanicien me fait monter à ses côtés.

Le bout d’autoroute me donne le temps d’apprendre que l’Arménie n’existe plus, toute déchirée entre les Russes et les Turcs. Que lui a été élevé en Syrie et que voilà pourquoi il parle assez couramment le français. Que par conséquent il comprend certaines choses…

Par ce froid sibérien, il tient à verser lui-même l’essence. Ouvrant le capot, il active le démarrage. Ça y est. Combien?
– « Mais ce n’est rien, dit-il. Rien du tout, voyons, la veille de Noël… »
Il a presque fallu qu’on se batte pour qu’il accepte au moins le prix des deux gallons.

En trois essais, donc, deux occasions chaleureuses de pouvoir dire Joyeux Noël à des hommes de bonne volonté, saisonnière et fugitive peut-être, mais bien réelle. C’eut été le contraire, la déception venant des Autres et non du gars bien de chez-nous, alors je n’en parlerais pas. On est d’avance assez porté à le penser… Mais puisque c’est arrivé comme ça, voilà une toute petit chance de se rappeler cette vérité première si facile à noyer sous les préjugés : que d’un peuple à l’autre, rien n’est mieux partagé que défauts et qualités.

René Lévesque
Le Jour
Mardi 30 décembre 1975

Christian O’Leary
Directeur général par intérim
Fondation René-Lévesque

Share

Le premier gouvernement Lévesque : l’imagination au pouvoir

Si vous êtes actuellement à la recherche d’un cadeau, nous vous suggérons le second tome du livre Le gouvernement Lévesque de l’historien et politologue Jean-Charles Panneton qui vient de paraître aux éditions du Septentrion. Avec en sous-titre : Du temps des réformes au référendum de 1980, cet ouvrage commence précisément où se termine le tome précédent qui portait sur la période entre la fondation du Parti Québécois et son élection en 1976.

Pour l’auteur, la rédaction de ce livre représentait un défi de taille : « Il fallait faire des choix difficiles, s’en tenir à l’essentiel, sans toutefois trahir une trame historique riche en événements et en rebondissements. » Si nous gardons le souvenir de ce gouvernement comme l’un des meilleurs de l’histoire du Québec, Jean-Charles Panneton nous rappelle les difficultés auxquelles il a du faire face : « Partagés entre l’une des pires crises économiques que vit le monde occidental, alliant taux de chômage, taux d’inflation et flambée des taux d’intérêt ainsi que de nombreuses grèves et tensions avec le Front commun des employés de l’État, René Lévesque et son équipe ministérielle doivent trouver un juste équilibre entre l’austérité et la social-démocratie. Le premier ministre peut toutefois compter sur l’un des cabinets les plus scolarisés de l’histoire contemporaine du Québec. »

Selon Marc Laurendeau dans sa préface enthousiaste, ce livre « couvre la meilleure période, la plus productive du gouvernement Lévesque en matière de bilan législatif. L’imagination était au pouvoir ». Bonne lecture.

On peut se procurer son livre en librairie ou directement sur le site de l’éditeur :

https://www.septentrion.qc.ca/catalogue/gouvernement-levesque-tome-2-le

Pour compléter votre liste de cadeaux, vous pouvez également vous procurer l’un des livres publiés à l’initiative de la Fondation :

https://fondationrene-levesque.org/la-fondation/publications/

Share

René Lévesque: toujours vivant dans notre mémoire collective!

Le 1er novembre 2017, tout le Québec a rendu hommage à René Lévesque à l’occasion du 30e anniversaire de son décès, comme le rapportent les médias ce matin. La commémoration organisée par la Fondation René-Lévesque à l’Écomusée du fier monde a réuni plus de 200 personnes venues écouter les vibrants témoignages de Graham Fraser, Konrad Sioui, Yves Duhaime, Pauline Marois, Bernard Landry, Jean-François Lisée, Lucien Bouchard et Marc-André Bédard. Devant les nombreuses personnes présentes, dont plusieurs l’avaient côtoyé, chacun des orateurs a su exprimer avec émotion son admiration pour l’homme et souligner les différents legs qu’il a laissés aux Québécois.

Les hommages rendus attestent que la pensée et l’œuvre de René Lévesque demeurent bien vivantes dans notre mémoire collective. Au-delà des allégeances politiques, René Lévesque continue de nous inspirer pour construire un Québec digne de son grand peuple !

Notes des allocutions :

Graham Fraser
Konrad Sioui
Yves Duhaime
Lucien Bouchard
Marc-André Bédard
Pauline Marois

Dans les médias :

« Il était l’homme politique le plus connecté avec l’âme et le cœur des Québécois » – Yves Duhaime
http://www.journaldemontreal.com/2017/11/01/rene-levesque-vit-dans-leurs-mots

« Et ce qu’il nous a laissé, René Lévesque, c’est justement le respect des institutions, et l’idée que ce qu’on peut faire de plus noble, de plus important, c’est de s’engager pour le bien commun. » – Lucien Bouchard
http://www.rcinet.ca/fr/2017/11/02/trois-ex-premiers-ministres-quebec-hommage-rene-levesque-marois-landry-bouchard/

« Il m’a dit que ma tâche, c’était entre autres de débureaucratiser la machine » – Pauline Marois
http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/511921/lucien-bouchard-appelle-les-quebecois-a-retrouver-la-ferveur-qui-a-anime-rene-levesque

« Il était d’une honnêteté absolue, ce qui, dans le contexte actuel, devrait être une leçon » – Bernard Landry
http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201711/01/01-5141951-landry-marois-et-bouchard-reunis-pour-les-30-ans-de-la-mort-de-rene-levesque.php

« On est dans votre équipe. On est avec vous. Je me souviens » – Konrad Sioui
https://www.lesoleil.com/actualite/politique/landry-marois-et-bouchard-reunis-pour-les-30-ans-de-la-mort-de-rene-levesque-32bb9c041a52c7ca2b1d5b2ed8e3cd5a

Jean-François Lisée a salué « l’extraordinaire volonté politique et la détermination » dont avait dû faire preuve son prédécesseur pour « entraîner le Québec dans des changements importants ».
https://lactualite.com/actualites/2017/11/01/30e-anniversaire-mercredi-du-deces-de-lex-premier-ministre-rene-levesque/

« Il avait une extraordinaire capacité à provoquer l’affection dans un grand nombre de personnes » (“He had an extraordinary ability to provoke affection in large numbers of people”) – Graham Fraser,
https://globalnews.ca/news/3838737/former-quebec-premiers-pq-leader-commemorate-30th-anniversary-of-rene-levesques-death/

Quelques photos de la soirée prises par le photographe Tayaout-Nicolas :

Share

Christian O’Leary, nommé directeur par intérim de la Fondation René-Lévesque

Me François Ferland, Président du conseil, a le plaisir d’annoncer la nomination de M. Christian O’Leary comme directeur général par intérim de la Fondation René-Lévesque. Son expertise en communication, de même qu’en développement de partenariat, permettra à la Fondation de poursuivre sa mission de promouvoir la mémoire de René Lévesque et d’accroître la diffusion de son œuvre.

Christian O’Leary possède une vaste expérience en communication, au cours des quinze dernières années, il a été directeur des communications au Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) et au Conseil des arts de Montréal. Précédemment, après un passage au cabinet de la ministre de la Culture et des Communications Mme Louise Beaudoin, il fut adjoint à l’administration puis responsable des partenariats gouvernementaux et institutionnels du Festival international de nouvelle danse (FIND). À titre bénévole, il a été président du conseil d’administration de la CDEC Centre-Sud / Plateau Mont-Royal. Détenteur d’un baccalauréat ès arts en danse contemporaine de l’Université Concordia, il a aussi fait des études de maîtrise en art dramatique ainsi que des études en sociologie à l’Université du Québec à Montréal.

Christian O’Leary est entré en fonction le 2 octobre dernier.

Share
Page 2 sur 22123451020Dernière page »