La devise du Québec (Partie 1)

C’est le premier gouvernement de René Lévesque qui décida de faire inscrire sur les plaques minéralogiques la devise du Québec: Je me souviens. Une belle devise dont on dit parfois qu’elle n’est pas toujours suivie dans un pays qui n’accorde peut-être pas la place qu’il mérite à l’enseignement de l’histoire. Le professeur Jacques Rouillard, de l’Université de Montréal, retrace dans l’article dont la première partie est publiée ci-après les circonstances de la création de cette devise et les diverses interprétations auxquelles elle a donné lieu à travers les âges. Nous remercions le professeur Rouillard de nous avoir permis de reproduire cet article.

Article paru dans le Bulletin d’histoire politique, vol. 13, no 2 (hiver 2005), p. 127-145 (avec en plus un addendum paru dans le numéro du printemps 20005, vol. 13, no 3, p. 6).

L’énigme de la devise du Québec: à quels souvenirs fait-elle référence ?

Jacques Rouillard, Département d’histoire, Université de Montréal

En 2002, Thierry Le Brun, émigré récemment au Québec, réalisait un documentaire à l’Office national du film qui se voulait une enquête sur la signification de la devise «Je me souviens»[1]. On comprendra que le sujet soit intrigant pour un nouveau venu qui a constamment la devise sous les yeux puisqu’elle est inscrite sur les plaques d’immatriculation depuis 1978. Les Québécois et Québécoises de souche devraient donc, pensait-il, en connaître naturellement la signification. Il s’est donc employé à interroger des personnalités connues, mais surtout à questionner monsieur et madame tout-le-monde sur la signification de la devise. Il en ressort une grande diversité d’interprétations, faite souvent de réponses assez farfelues. La publicité qui accompagne le film fait valoir gentiment que la disparité d’opinions reflète la complexité et les contradictions de la société québécoise. La version anglaise donne comme titre au film «A Licence to Remember: Je me souviens», suggérant que la devise autorise finalement toutes les interprétations. La cassette anglaise du film met en relief un commentaire du Globe and Mail : «hilarious». On ne sait si le qualificatif vise le traitement du documentaire ou l’impression qui se dégage des réponses apportées à la question.

C’est finalement assez désolant de constater que les citoyens du Québec ne connaissent pas l’origine et la signification de leur devise. Cette méconnaissance est d’autant plus déplorable que la devise, contrairement à d’autres pays, ne porte pas sur la géographie comme la devise du Canada (A mari usque ad mare) ou sur des valeurs comme celles de la France (Liberté, égalité, fraternité) et des États-Unis (In God We Trust ), mais sur la mémoire de je ne sais quoi. Notre devise veut transmettre un souvenir, mais elle révèle finalement un oubli ou une ignorance. Et c’est d’autant plus gênant que la devise est formulée comme si nous devions tous individuellement en connaître la signification. De qui, de quoi devrais-je me souvenir ?

Il faut dire, à la décharge des Québécois et Québécoises, que la devise est peu explicite en elle-même et que les interprétations courantes varient beaucoup. Pour leur part, les  historiens, qui sont en principe porteurs de la mémoire collective et qui devraient donc normalement pouvoir nous informer de sa signification, n’ont pas accordé toute l’attention voulue à ce «détail». Et ce qui n’aide pas à clarifier l’embrouille, c’est que l’auteur de la devise n’a pas expliqué clairement son choix et que l’historien qui a fait la recherche la plus poussée sur le sujet, Gaston Deschênes, directeur des études documentaires à l’Assemblée nationale du Québec, conclut qu’on peut «l’interpréter à sa guise en toute liberté»[2]. Voyons donc de plus près si on ne pourrait pas parvenir à cerner, à tout le moins, son sens original.

Le Parlement comme lieu de mémoire

La recherche de Deschênes montre sans nul doute que la formulation est l’initiative de Eugène-Étienne Taché, architecte du Parlement de Québec et sous-ministre des Terres de la Couronne (1836-1912). C’était en outre un héraldiste chevronné, membre d’une grande famille bourgeoise de la ville de Québec. Son père, Sir Étienne-Paschal Taché, a été un père de la Confédération et premier ministre du Canada Uni en 1855-1856. La devise apparaît pour la première fois en ajout aux armoiries de la province selon les plans annexés au contrat de construction du Parlement signé le 9 février 1883 par Eugène Taché. Elle sera effectivement gravée dans la pierre au-dessus de la porte principale du Parlement vers 1885 (l’édification de l’aile principale s’étend de 1883 à 1886). Taché n’avait  probablement pas l’intention  de faire du «Je me souviens» la devise du Québec, mais ses contemporains ont commencé à s’y référer en ce sens et elle l’est devenue officiellement beaucoup plus tard, le 9 décembre 1939, lorsque le gouvernement du Québec adopte de nouvelles armoiries, sous lesquelles on trouve un listel portant l’inscription de la devise.

Malgré d’intenses recherches, on n’a pu trouver de texte où Taché expliquerait le sens de la devise[3], ce qui a donné lieu à toutes sortes d’interprétations. Au Canada anglais, certains y ont vu une intention revancharde, les francophones voulant rappeler la défaite de 1759 ou encore la domination exercée par les Britanniques et plus tard par les Canadiens anglais[4]. Mais, comme on le verra, le sens le plus vraisemblable nous apparaît aux antipodes. L’intention de Taché se comprend, à notre point de vue, en tenant compte de trois éléments qui sont comme des cercles interprétatifs allant du plus rapproché au plus lointain, soit de l’environnement immédiat de l’inscription de la devise à l’édifice du Parlement lui-même.

Premier élément d’interprétation: les armoiries. Taché inscrit la devise au fronton de la porte principale du Parlement sous les armoiries du Québec offertes par la reine Victoria en 1868. On peut alors en déduire qu’il a vu un lien entre la devise et les armoiries qui comprennent un écu surmonté d’une couronne royale, celle de la monarchie britannique[5]. L’écu comporte deux fleurs de lis (plus tard trois) représentant le souvenir de la Nouvelle-France, un léopard, symbole du régime et de la couronne britanniques, et un rameau de trois feuilles d’érable illustrant le Canada. Ces symboles veulent rappeler les origines françaises du Québec, les liens maintenus avec le Royaume-Uni et son appartenance au Canada. Même si les armoiries ne sont pas de la composition de Taché, elles correspondent, comme nous le verrons, aux choix symboliques qui l’ont guidé pour décorer le Parlement.

Deuxième source révélatrice: la façade du Parlement. Comme le fait remarquer à juste titre le site officiel actuel du gouvernement du Québec, la devise doit être interprétée en relation avec la décoration de la façade[6] qui comprend 22 niches et piédestaux où sont logées des statues, grandeur nature, représentant d’illustres personnages ayant façonné le Québec. C’était l’intention de Taché de faire de la devanture un véritable panthéon dédié aux bâtisseurs du Québec afin de leur rendre hommage et de les ancrer dans la mémoire collective. Sa démarche correspond à un intérêt marqué à cette époque pour les vertus pédagogiques de la statuaire et de l’importance des grands hommes[7].

Il va sans dire que la sélection de ces «gloires nationales» n’est pas arbitraire; elle se comprend à la lumière des orientations et des valeurs que Taché et les élites politiques de l’époque privilégiaient. Comme nous le verrons, ces valeurs imprègnent également l’ensemble des symboles que Taché a retenus pour la décoration intérieure et extérieure du Parlement. L’édifice, qui est au centre de la vie démocratique au Québec, devient ainsi tout entier «un monument consacré à l’histoire»[8]. Conçu comme un lieu de mémoire selon l’expression de l’historien français Pierre Nora[9], il veut rappeler l’identité collective et les traditions particulières du Québec dans un Canada et une Amérique anglophones. Mieux que tout autre bâtiment, il devient le véhicule de la «quête identitaire» de la nation à une époque de son histoire[10]. Mais de quelle identité et de quelle tradition veut-il témoigner ?

Dans le contrat de construction de 1883, Taché propose d’honorer les Amérindiens en leur réservant une place de choix au-dessus de la fontaine embrasée par une rampe semi-circulaire donnant accès à l’entrée principale du Parlement. Il veut «rappeler le souvenir des nations sauvages, la plupart disparues de cette terre que nous habitons, autrefois leur domaine»[11]. C’est une intention peu commune pour l’époque de prêter attention à ceux que l’on traitait effectivement  souvent de «sauvages». Pour la façade du Parlement, il propose 30 statues privilégiant des figures de la Nouvelle-France parmi lesquelles il met en évidence «les trois grandes personnalités qui s’identifient avec l’origine de notre histoire»: Jacques Cartier, Samuel de Champlain et le sieur de Maisonneuve. Parmi les autres personnages, il retient des gouverneurs (Montmagny, d’Ailleboust, Maisonneuve, D’Argenson, Tracy, Callières, Vaudreuil), des découvreurs (Marquette, Iberville, Jolliet, la Salle, Boucher, Nicolet, de Beaujeu, Hertel, La Vérendrye), des religieux (Mgr de Laval, Brébeuf, Olier). Du coté des militaires, il propose Frontenac, Montcalm, Lévis, mais également Wolfe, vainqueur de la bataille des Plaines d’Abraham où s’est scellé le sort de la Nouvelle-France. Comme plusieurs de ses contemporains, cette défaite ne lui apparaît pas si dramatique pour des raisons qui découlent de notre analyse subséquente . Quant à la période britannique, il suggère d’honorer les gouverneurs anglais «les plus sympathiques à notre nationalité»: Murray, Dorchester, Prevost, Bagot et surtout lord Elgin «dont la mémoire est toujours vivante au milieu de nous».

Le programme est adopté par le gouvernement et les deux sculptures amérindiennes surplombant la fontaine sont rapidement réalisées. Oeuvres imposantes et magnifiques de Louis-Philippe Hébert, elles illustrent la famille amérindienne et le pêcheur à la nigog. En revanche, la réalisation du statuaire s’étend sur plusieurs décennies et elle ne respecte pas complètement la sélection des personnages de Taché. Les gouvernements qui vont se succéder  modifieront parfois le choix des «gloires nationales» destinées aux niches et piédestaux de la façade. Dans une première étape de réalisation, de 1890 à 1928, les bronzes des quatre chefs militaires retenus par Taché (Frontenac, Montcalm, Lévis, Wolfe) sont réalisés  en y ajoutant celui du Colonel Charles-Michel De Salaberry (non prévu par Taché), vainqueur des envahisseurs américains à la bataille de Châteauguay en 1813[12]. À l’époque, il est perçu comme un bon exemple de la collaboration entre les «deux races» pour protéger l’intégrité du Canada et son rattachement à la Grande-Bretagne. Le gouvernement fait ériger aussi les bronzes des missionnaires Marquette et Brébeuf, des explorateurs Jolliet, d’Iberville et La Vérendrye de même que celui de Jean Talon, héros qui ne figure pas au plan initial de Taché. Parmi les gouverneurs anglais, seules les statues des lords Dorchester et Elgin sont édifiées.

Pour la classe politique de l’époque, lord Dorchester détient une importance particulière puisque c’est sous son administration que Londres en 1791 divise le Canada en deux provinces et accorde au Québec (Bas-Canada) une chambre d’assemblée. Quant à lord Elgin, il est le gouverneur qui a concédé le gouvernement responsable en 1848, mesure qui consacre l’autonomie politique du Canada Uni sur ses affaires internes. Pour souligner à plus large trait encore l’importance de cette décision, le gouvernement commande en 1920 les statues de Louis-Hippolyte La Fontaine (député du Bas-Canada, Québec) et de Robert Baldwin (député du Haut-Canada, Ontario) dont les efforts ont permis l’avènement du gouvernement responsable et l’usage du français comme langue officielle au Parlement du Canada Uni.

L’ajout de ces deux figures, avant même qu’on songe à installer celles de Jacques Cartier et de Samuel de Champlain, nous apparaît significative des valeurs que  le gouvernement veut mettre en relief.  En effet, c’est le sentiment général des hommes politiques et de nombreux historiens à l’époque que l’obtention du gouvernement responsable en 1848 représente une date charnière dans l’histoire du Québec. Dans leur optique, elle signifie la conquête des libertés démocratiques et elle assure l’avenir du peuple canadien-français puisque les députés que la population élit  sont garants de la protection des droits des francophones. L’entente La Fontaine-Baldwin est même interprétée comme la conquête par les moyens parlementaires de l’autonomie politique recherchée par les patriotes lors des Rébellions de 1837-1838. À ce propos, il est révélateur de noter que Taché et les gouvernements québécois n’ont pas songé à réserver une place dans le panthéon à Louis-Joseph Papineau, figure éminente dans la conquête des libertés démocratiques. Son exclusion tient sûrement au sentiment largement répandu à l’époque que Papineau représente une figure «égarée dans le radicalisme»[13], ayant eu le tort de légitimer le recours aux armes en 1837 et de rejeter les vues conciliatrices de La Fontaine sous le régime de l’Union.

Toujours est-il que pour cette première sélection des bâtisseurs ayant mérité de faire partie du panthéon du Parlement, Taché et les gouvernements de l’époque privilégient des figures de la Nouvelle-France, période héroïque, et celles qui jalonnent la lutte pour la démocratie parlementaire. Dans une deuxième étape d’érection des statues, au cours des années 1960, les sculptures ajoutées à la façade favorisent toujours la période de la Nouvelle-France (Laval, Olier, Maisonneuve), mais, signe des temps, on se soucie de la présence féminine avec l’addition des bronzes de Marguerite Bourgeois et de Marie de l’Incarnation.

Comme nous l’avons déjà fait remarquer, l’ornementation générale extérieure et intérieure du Parlement est aussi porteuse de signification. C’est le troisième jalon permettant de comprendre le sens de la devise. Le programme iconographique de Taché met en relief les origines françaises du Québec, mais il valorise aussi fortement les références aux institutions britanniques. Une visite du Parlement permet de se rendre compte que les symboles royaux britanniques (couronne impériale, trois léopards d’or, lion passant, lion rugissant, rose anglaise) côtoient partout la fleur de lis française; on pourrait même évaluer qu’ils sont même plus nombreux. Les armoiries, les blasons, les écussons, les caissons, etc. regorgent de référence à la couronne et aux emblèmes britanniques. De plus, les armoiries britanniques surmontées de la couronne sont placées à des endroits stratégiques: au faîte de la tour centrale de la façade du Parlement et au dessus des fauteuils des Orateurs (présidents) de l’Assemblée législative et du Conseil législatif[14]. Plus encore, Taché prévoit à gauche et à droite du fauteuil de l’Orateur de l’Assemblée législative deux niches pour des statues grandeur nature de la Reine Victoria et de son mari, le Prince Albert, avec au dessus en médaillon VR pour Victoria Regina[15]. Les statues sont réalisées entre 1910 et 1912 mais on décide de remplacer celle du Prince Albert par le roi Édouard VII décédé en 1910. À première vue, on pourrait penser que Taché a voulu honorer la présence de la minorité anglophone au Québec. Cette intention n’est pas à exclure, mais sa ferveur pour les symboles britanniques tient davantage à la reconnaissance qu’il veut témoigner au Royaume-Uni.

Le britannisme des élites politiques

Membre de la haute bourgeoisie de Québec, Taché inscrit de manière symbolique dans l’ornementation générale du Parlement certaines des valeurs de la classe politique de l’époque en s’appuyant sur une vision de l’histoire du Québec qui est dominante dans la seconde moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle. En effet, on tient en haute estime les institutions britanniques parce qu’elles ont permis l’acquisition du système démocratique de gouvernement et une autonomie politique pour le Québec. Grâce à ces institutions, le Canada français, croit-on, a pu survivre et se développer dans un rapport d’égalité avec les Canadiens anglais. Cette interprétation du passé s’inspire des travaux de plusieurs historiens influents de cette époque, parmi lesquels Louis-Philippe Turcotte, Benjamin Sulte, Laurent-Olivier David, Alfred DeCelles et surtout Thomas Chapais. Cette vision se retrouve bien ramassée dans la formule choc d’Hector Fabre, reprise par le premier ministre Sir Wilfrid Laurier, voulant que la France ait donné au Canada français «le premier des biens, l’existence», mais que «c’est à l’Angleterre que nous devons le second, la liberté»[16].

Cette représentation explique l’enthousiasme pour la visite du prince de Galles à Québec en 1908 à l’occasion de la commémoration du troisième centenaire de la fondation de la ville. L’historien H. V. Nelles vient de consacrer un volume à ces célébrations grandioses dûes, on n’ose le croire, à  l’initiative de la Société Saint-Jean Baptiste de Québec[17]. Les festivités culminent par un pageant historique sur les plaines d’Abraham rassemblant plus de 4000 participants en costume d’époque illustrant les grands moments de l’histoire de Québec. Les adresses de bienvenue à l’égard du prince sont l’occasion de célébrer les bienfaits des institutions britanniques. Selon le maire Georges Garneau, «les Canadiens français éprouvent un sentiment inexprimable d’orgueil patriotique et de reconnaissance envers les deux grandes nations qui ont tour à tour présidé à nos destinées: la France toujours aimée (…); l’Angleterre, qui leur a laissés libres de grandir en gardant leur foi, leur langue et leurs institutions, et qui les a dotés d’un régime constitutionnel fondé sur la plus grande somme de libertés, et qui est, sans contredit, le plus beau et le plus parfait du monde». Et le ministre Adélard Turgeon du gouvernement du Québec de renchérir dans la même veine: «Mais comment cette affection (pour la France) peut-elle se concilier avec notre loyauté et notre profond attachement pour les Iles britanniques ? (…) Il l’a été par le sens politique de nos hommes d’État, par la largeur de vues de nos compatriotes de langue anglaise, par la clairvoyance et la libéralité de la Métropole et de ses représentants».[18]

Ces vues sont sûrement partagées par Taché qui fait partie de la Commission d’histoire et d’archéologie chargée de préparer les célébrations du tricentenaire. C’est à lui qu’on commande le dessin de la médaille qui doit commémorer l’événement. Une des faces de cette médaille apporte un éclairage sur la signification donnée à la devise du Québec[19]. À l’avers, on retrouve, comme il se doit, le fondateur de la ville de Québec, Samuel de Champlain, qui fonde la colonie française, un pied sur une barque, l’autre sur un rocher nommé Stadaconé (nom de la bourgade iroquoïenne établie sur le site de la ville de Québec à l’arrivée de Jacques Cartier). Mais plus intéressant est le revers de la médaille où apparaît l’inscription: «Dieu aidant, l’oeuvre de Champlain née sous les lis a grandi sous les roses». Il s’y trouve deux femmes assises, l’une symbolisant la Nouvelle-France, pointe le doigt vers le sol, vers les racines d’un arbre qui représente le Canada. Pour sa part, la muse britannique, appuyée sur l’écu royal de la Grande-Bretagne, porte la main vers le feuillage très fourni de l’arbre. Par ces mots et ces symboles, Taché veut illustrer que la présence française s’est épanouie sous l’autorité britannique par tout le Canada. Et il y a fort à parier que les symboles qu’il évoque pour la ville de Québec s’applique aussi à la province de Québec.

C’est d’ailleurs en associant le «Je me souviens» à l’inscription qui apparaît à la médaille que des auteurs ont conclu que la devise du Québec devrait se lire ainsi : «Je me souviens que né sous le lys, je crois sous la rose»[20]. Cette explication est encore répandue bien que Taché n’ait jamais lié les deux devises. Le secrétaire du ministère des Travaux publics, Ernest Gagnon, qui connaissait très bien Taché, les distingue clairement dans deux textes publiés en 1908[21]. Pour sa part, Gaston Deschênes s’élève à juste titre contre ce complément à la devise du Québec, un «mythe» qu’il se fait fort de réfuter. Il faut dire aussi qu’il est réticent à ce que le «Je me souviens» puisse rappeler un quelconque bienfait de la présence britannique.

Mais, comme nous l’avons montré, il en est autrement de la classe politique et de nombreux historiens à la fin du XIXe siècle, moment où Taché a conçu la devise[22]. Tout en étant fiers des origines françaises du Québec, ils partagent le sentiment que les libertés politiques acquises en 1791 et 1848 ont fait échec aux volontés assimilatrices de la métropole et permis le développement du Canada français. L’autonomie politique élargie obtenue par la constitution de la province de Québec en 1867 représente à leurs yeux un autre exemple du progrès réalisé par les francophones. Après la Première Guerre mondiale, cette thèse commence à être battue en brèche par l’historien Lionel Groulx qui, contrairement à l’école historique libérale, tient plutôt en suspicion les institutions démocratiques. Déçu de l’infériorité des siens, il interprète la défaite de 1759 comme une catastrophe traumatisante et la Confédération comme un pacte foulé au pied par les Anglo-Canadiens qui n’ont pas respecté les droits des minorités franco-catholiques dans l’Ouest canadien. Après la Deuxième Guerre, les historiens de l’École historique de Montréal abondent dans le même sens dénonçant «l’illusion progressiste» de l’école historique libérale[23]. Ses porte-parole, marqués notamment par l’infériorité économique des Canadiens français, considèrent que la défaite de 1759 a condamné la nation canadienne-française à la médiocrité de la survivance. Leur analyse débouche naturellement sur l’idée que seule la souveraineté politique du Québec peut permettre un retour à la normalité. L’état de dépendance politique des francophones témoignerait d’un retard à s’émanciper.

(À suivre)


[1]. Thierry Le Brun, Un certain souvenir, Office national du film, 2002.

[2]. Gaston Deschênes, La devise «Je me souviens», site de L’Encyclopédie de l’Agora, p. 10 (http://agora.qc.ca/reftext.nsf/Documents/Quebec). Voir aussi de Madeleine Albert et Gaston Deschênes, «Une devise centenaire: Je me souviens», Bulletin de la Bibliothèque de l’Assemblée nationale, 14, 2, avril 1984, p. 21-30; Gaston Deschênes, «La Devise du Québec selon le Globe and Mail», Le Devoir, 2 mars 1991; «Un mythe tenace», Le Devoir, 30 août 1994.

[3]. Le fonds d’archives de Taché ne révèle rien à ce propos. Malheureusement son journal personnel manque pour 1883 (Archives nationales du Québec, Fonds Eugène-Étienne Taché, P286, 3 a 006 02-07-006B-01, 1960-01-183\1).

[4]. On retrouve encore cette interprétation dans un ouvrage récent de Charles F. Doran, Why Canadian Unity Matters and Why Americans Care. Democratic Pluralism at Risk, Toronto, University of Toronto Press, 2001, p. 71.

[5]. Les quatre lis font partie de la couronne depuis le couronnement de Charles II en 1661.

[6]. Portail du gouvernement du Québec, Drapeaux, symboles nationaux, http://www.gouv.qc.ca/Informations/Symboles/Symboles_fr.html

[7]. C’est ce qu’on note en France (June Hargrove, «Les statues de Paris», dans Pierre Nora, Les Lieux de mémoire, vol. 3, Paris, Gallimard, 1986, p. 243-282).

[8]. Luc Noppen et Gaston Deschênes, L’Hôtel du Parlement, témoin de notre histoire, Québec, Bibliothèque nationale du Québec, 1996, p. 137.

[9]. Pierre Nora (dir.), Les Lieux de mémoire, 3 volumes, Paris, Gallimard, 1984-1986.

[10]. Luc Noppen (dir.), Architecture, forme urbaine et identité collective, Québec, Septentrion, 1995, p. 7.

[11]. Archives nationales du Québec, ministère des Travaux publics, L. R. 768/83, 9 avril 1883, dans Gaston Deschênes, «La devise «Je me souviens»…. p. 9.

[12]. De Salaberry, qui commandait les Voltigeurs francophones lors de la guerre de 1812, faisait figure de héros francophone ayant sauvé le Canada de la menace américaine.

[13]. Serge Gagnon, «Cours d’histoire du Canada de Thomas Chapais», dans Maurice Lemire (éd.), Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec, tome II, 1900-1939, Montréal, Fides, 1978, p. 302. Comme ses contemporains, Papineau était un admirateur des institutions britanniques jusqu’aux années 1830. Mais déçu de l’intransigeance de Londres, il en vient à préférer le système républicain tel qu’il prévaut aux États-Unis.

[14] Le crucifix placé de nos jours au dessus du fauteuil du président est une décision du gouvernement Duplessis en 1936. Sauf les missionnaires sur la façade, il y a très peu de symboles religieux dans la décoration du Parlement.

[15] Les deux statues  réalisées par Joseph Saint-Charles sont encore visibles en 1919 mais disparaissent à la fin des années 1920, remplacées par des plantes en pots (Luc Noppen et Gaston Deschênes, L’Hôtel du Parlement…, p. 158).

[16]. Yvan Lamonde, Histoire sociale des idées au Québec, 1760-1896, Montréal, Fides, 2000, p. 461, 486. Cette synthèse illustre avec force le libéralisme modéré qui anime plusieurs intellectuels et la classe politique à la fin du XIXe siècle.

[17]. H. V. Nelles, L’Histoire spectacle. Le cas du tricentenaire de Québec, Montréal, Boréal, 2003. 428p.

[18]. Camille Roy, Les fêtes du troisième centenaire de Québec, 1608-1908, Québec, Laflamme, 1911, p. 177 et 204.

[19]. Ibid., p. 23.

[20]. Gaston Deschênes recense ces sources dans «La devise «Je me souviens», site de L’Encyclopédie de l’Agora, p. 4-7.

[21]. Ernest Gagnon, Le fort et le château Saint-Louis, étude archéologique et historique, Montréal, Librairie Beauchemin, 1908, p. 221; Ernest Gagnon, «Armoiries et Devises», La Revue canadienne, juin 1908, p. 483.

[22]. Luc Noppen et Gaston Deschênes attribuent l’inspiration historique de Taché comme un compromis entre diverses tendances représentées par les historiens Michel Bibaud, François-Xavier Garneau et l’abbé J.-B.-A. Ferland (L’Hôtel du Parlement…, p. 142-143). Il faudrait relever aussi l’influence de L.-P. Turcotte et des autres historiens cités dans notre texte en ce qui touche le choix ultérieur par le gouvernement des personnages ornant la façade. Sur L.-P. Turcotte, il faut lire l’excellent article de Jean Lamarre, «Les représentations du devenir de la société canadienne-française dans Le Canada sous l’Union, 1841-1867 de Louis-Philippe Turcotte», Recherches sociographiques, XXXIV, 1, 1993, p. 69-88.

[23]. Maurice Séguin, L’idée d’indépendance au Québec, genèse et historique, Montréal, Boréal Express, 1968, p. 38.

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Un nouvel administrateur

Nous sommes très heureux d’annoncer que monsieur Jacques Nantel, professeur titulaire et secrétaire général de HEC Montréal, s’est joint au conseil d’administration de la Fondation René-Lévesque, à titre d’administrateur.

Titulaire d’un doctorat de Indiana University, Jacques Nantel enseigne à HEC Montréal depuis 1980. Au sein de cette institution, il fut directeur du Service de l’enseignement du marketing de 1990 à 1995, titulaire de la Chaire de commerce de détail Omer DeSerres de 1995 à 1996, et directeur des programmes de l’École de 1997 à 2000. En 2002, il devient le premier titulaire et fondateur de la Chaire en commerce électronique RBC Groupe financier. Depuis mars 2007, il agit en tant que Secrétaire général de HEC Montréal. En cette qualité, il est notamment responsable du Bureau de développement de cette institution.

Nul doute que l’expérience et le dynamisme de Jacques Nantel constitueront un précieux atout pour la Fondation. Nous lui souhaitons bien cordialement la bienvenue.

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Les administrateurs du site font relâche pendant quelques semaines. Nous serons de retour vers la fin du mois d’août. Bonnes vacances à tous.

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René Lévesque en vacances

Témoignage

Par Gratia O’Leary

Gratia O’Leary a été attachée de presse de René Lévesque pendant huit ans. C’est à son mari, Walter O’Leary, qu’elle doit son engagement au mouvement indépendantiste québécois. Elle milite activement et c’est par un concours de circonstances qu’elle devient attachée de presse du parti et  de son président René Lévesque en 1974. Au lendemain de l’élection de 1976 elle l’accompagne à Québec et travaillera à ses côtés jusqu’en 1981. Une grande amitié la liait à Corinne Côté ce qui explique ces vacances des deux couples aux États-Unis.


René Lévesque aimait la mer quasi immodérément. L’eau était son élément de prédilection et en tout premier lieu le Fleuve Saint-Laurent car pour lui, comme pour beaucoup de gaspésiens,  le fleuve de son enfance c’était la mer. À New Carlisle  l’eau est salée, l’immensité est là, les embruns, l’air iodé et les vagues tantôt vertes tantôt grises selon les caprices du temps.

Si, au cours d’une tournée il survolait le fleuve, ses yeux brillaient d’une façon particulière, il se penchait vers le hublot, oubliait son entourage et on sentait son esprit partir vers un rêve d’enfance, vers sa Gaspésie natale. Quand il revenait de ce songe éveillé il lui arrivait de comparer le fleuve à une immense main aux longs doigts enserrant le territoire québécois de ses affluents.

Pour monsieur Lévesque les vacances ça voulait presque toujours dire mer, océan. Dans les années 50, avec sa famille il se rend en Nouvelle-Angleterre et découvre avec bonheur Cape Cod :  «…cette merveille du monde dont le sud reçoit les courants tièdes du Gulf Stream …» «…c’est là que je retourne chaque année pour deux ou trois semaines d’une thalassothérapie dont mon organisme gaspésien ne peut se passer…» écrit-il dans son autobiographie.

J’ai vécu quelques unes de ces «thalassothérapies» avec lui, Corinne sa femme et mon mari Walter. C’est d’ailleurs Corinne qui avait eut l’idée que nous nous retrouverions là-bas  en voisins de vacances. Pour Walter et moi c’était une première, nous ne connaissions pas la Nouvelle-Angleterre  et nous acceptâmes spontanément. Très spontanément car, j’avoue qu’en conduisant depuis Ogunquit vers Boston je me suis prise à penser que de passer des vacances avec son patron n’était peut-être pas l’idée du siècle. Je n’en soufflai mot un peu anxieuse sur ce qui nous attendait. Lévesque m’avoua par la suite qu’il avait eu le même questionnement. Et si j’allais lui parler boulot! Il m’avait bien mise en garde : pas question de discuter travail pendant ce temps sacré.

Nos cottages avaient un mur mitoyen et nos petites terrasses sur front de mer se touchaient; un rituel composé de périodes d’intimités et de sociabilités s’établit tout naturellement.

René Lévesque et Corinne se levaient tard car ils jouaient aux cartes et lisaient fort avant dans la soirée. Surtout en vacances. Ils commençaient leur journée par des cafés noirs accompagnés, pour lui, de toasts brulées en jouant une partie de scrabble ou de yum. Ensuite monsieur Lévesque partait vers la plage avec livres et revues sous le bras. S’asseyait carrément dans le sable ou sur une chaise droite en plein soleil. Il pouvait ainsi passer des heures tantôt lisant, tantôt songeant. On le voyait scruter l’horizon régulièrement. Un tout petit bonjour si on se croisait. C’était tacite : pas de placotage. Il se baignait, revenait au soleil sans jamais se protéger. Il bronzait rapidement et ce tan accentuait le bleu de ses yeux perçants et la blancheur de sa longue mèche de cheveux.

Le reste de la journée se passait ainsi, parfois marqué d’une petite virée vers un centre commercial pour acheter le Boston Globe ou le New York Times, des revues américaines ou une nouvelle parution en «pocket book». Pendant cette halte annuelle il ne lisait aucun journal du Québec ou du Canada. Interdit également aux conseillers et, plus tard, après 1976,  aux ministres de communiquer avec lui, sauf en cas d’urgence. René Lévesque qui travaillait très fort, très intensément avait la merveilleuse capacité de couper complètement dès qu’il se mettait en mode repos, que ce fut pour quelques heures ou pour quelques semaines. Lui-même ne téléphonait pas au bureau, il faisait confiance à ceux et celles qu’il avait délégué aux affaires.

C’est à l’heure de l’apéro qu’il redevenait sociable comme il disait. Il avait garni une assiette de canapés ou d’une trempette et de quelques chips et place au dry Martini dégusté lentement. Alors là, c’était le bonheur de la conversation, des échanges sur les lectures de la journée. Comme elles étaient très variées on pouvait parler longtemps. Il aimait aussi bien les romans policiers que les biographies, la science fiction que le dernier Goncourt ou Pulitzer. Il lisait tant en anglais qu’en français et aimait partager ses enthousiasmes et ses déceptions. « Très bien racontée cette histoire » ou encore  « Bien faiseux cet écrivain ». Je me souviens d’une année ou tous les deux, sans s’être consultés, avions acheté «Sophie’s choice», nous le lisions dans la journée,  séduits par la qualité de l’écriture et captivés par l’histoire du William Styron, romancier mais également  journaliste apprécié de Lévesque. Nos conversations pouvaient glisser vers quelques souvenirs de reportages, de rencontres avec des gens connus ou non, d’anecdotes du temps de la guerre. Ses descriptions très imagées nous captivaient.

L’apéro était suivi d’un bon repas qui constituait pour lui une partie importante de la vie et par conséquent des vacances. Souvent au restaurant mais aussi chez les uns les autres, toujours pour se gaver de fruits de mer, surtout de homard dont on abusait. C’est lui qui m’enseigna  que ce crustacé à  son  meilleur ne devait pas dépasser une livre et demie;  de mon côté je lui avais fait découvrir ma mayonnaise à l’ail comme accompagnement. Il en raffolait.

C’était aussi l’occasion d’essayer  des vins américains tant décriés à l’époque, au cours de vacances précédentes il avait découvert les blancs californiens.  Oh! ces Chardonnay bien frappés qui mettaient tout le monde de bonne humeur et engendraient cascades de rire et taquineries.

La soirée se concluait par une petite partie de poker aux mises bien modestes au cours desquelles il riait de bon cœur des maladresses de Walter,  joueur très occasionnel mais qui gagnait tout le temps ce qui enrageait Corinne et le réjouissait d’autant plus.

C’était un compagnon fort agréable complètement disponible et détendu se laissant gagner par la douceur des journées en bord de mer, heureux d’être là, à ce moment-là.

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Monsieur René Lévesque

Témoignage

Par Pierre F. Côté, c.r., o.q.

Né à Québec, avocat et diplômé en relations industrielles, Pierre-F. Côté entre dans la fonction publique québécoise en 1960. Il occupe le poste de secrétaire particulier, puis de chef de cabinet de René Lévesque, alors ministre des Ressources naturelles dans le gouvernement libéral de Jean Lesage. Greffier de la ville de Québec de 1969 à 1978, il est nommé par l’Assemblée nationale au poste de Directeur général des élections, qu’il occupera jusqu’en 1997. Son expérience et ses connaissances en ont fait un consultant très demandé sur le plan international.


De prime abord, ce qui était fascinant chez lui, c’était son regard. Ses yeux bleus? Peut-être. Dès qu’il y avait une personne devant lui, il la regardait droit dans les yeux. À cet instant, se produisait la seule chose qui lui importait vraiment: plonger son regard dans celui de l’autre pour communiquer, pour établir un contact. Cette personne, uniquement de par sa nature humaine, avait alors droit à son respect. Elle était pour lui ce qu’il y avait de plus important au monde. Subjugués, sous le charme, rares étaient celui ou celle qui pouvaient y résister.

Ce grand humaniste, avec son sourire en coin, suscitait instantanément l’adhésion. D’une vive intelligence, son esprit de synthèse faisait rapidement le tour de la question, en sondait le cœur, la dépouillait et la ramenait à l’essentiel. Très souvent, lorsqu’on lui adressait la parole, il n’était pas nécessaire de terminer sa phrase. Il avait déjà compris. Que de temps lui a-t-on fait perdre en paroles inutiles?

Il abhorrait la violence: elle qui a été trop souvent en sa présence sur les champs de bataille. Il n’en soufflait jamais mot.

Ses impatiences, et il en avait, étaient surtout dues au fait que son interlocuteur était parfois lent à comprendre. Son éloquence était à rebondissements. Une phrase trouvait sa fin à la suite de mille parenthèses, mais il n’en perdait jamais la trace.

Sa droiture, qui lui venait de son père, le rendait intransigeant. Nul faux-fuyant, nulle magouille n’en a eu raison. Était-il dans l’erreur qu’il camouflait habilement la réalité sous une fausse humilité. Il était pourtant humble et cette humilité lui venait du terroir, de «l’humus». Les deux pieds sur terre, prenant mesure sur la vérité, il savait ce qui était vrai, ce qui pouvait être magnifié et ce qui devait être tu. Le silence éclatait et disait alors la seule chose qu’il était important de savoir.

De petite taille, Monsieur Lévesque était un grand homme et il le demeure. De cette trempe, il n’y en a que quelques-uns par siècle et encore au Québec…

Québec, le 10 février 2010

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Du nouveau

Nos visiteurs remarqueront un certain nombre de nouveaux documents dans la section Écrits de René Lévesque. Parmi ceux-ci, nous voudrions attirer l’attention des internautes sur les suivants:

  • Trans-Europe-Express – Carnet de voyage: En 1972, René Lévesque, président du Parti Québécois, effectue une tournée dans quelques pays d’Europe occidentale. Ces chroniques, publiées d’abord dans le Journal de Montréal, sont le reflet très vivant de ce voyage.
  • Aux quatre vents: Il s’agit d’un extrait d’une pièce de théâtre radiophonique écrite par un tout jeune René Lévesque avant son départ pour l’Europe en tant que correspondant de guerre.  Le manuscrit n’a été retrouvé qu’en 1996 et la pièce a été créée pour la seule et unique fois en 1999 à la Chaîne culturelle de Radio-Canada.
  • Projet de lettre adressée à Jean Lesage (2 août 1967): Ce document est resté inédit pendant une quarantaine d’années. Il nous permet de saisir l’état d’esprit dans lequel se trouve René Lévesque après la visite du général de Gaulle et à quelques semaines de son départ du Parti libéral du Québec. Il est précédé d’une présentation de Jean-Paul Cloutier qui précise en quelles circonstances il fut retrouvé.
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