Un nouvel administrateur

Nous sommes très heureux d’annoncer que monsieur Jacques Nantel, professeur titulaire et secrétaire général de HEC Montréal, s’est joint au conseil d’administration de la Fondation René-Lévesque, à titre d’administrateur.

Titulaire d’un doctorat de Indiana University, Jacques Nantel enseigne à HEC Montréal depuis 1980. Au sein de cette institution, il fut directeur du Service de l’enseignement du marketing de 1990 à 1995, titulaire de la Chaire de commerce de détail Omer DeSerres de 1995 à 1996, et directeur des programmes de l’École de 1997 à 2000. En 2002, il devient le premier titulaire et fondateur de la Chaire en commerce électronique RBC Groupe financier. Depuis mars 2007, il agit en tant que Secrétaire général de HEC Montréal. En cette qualité, il est notamment responsable du Bureau de développement de cette institution.

Nul doute que l’expérience et le dynamisme de Jacques Nantel constitueront un précieux atout pour la Fondation. Nous lui souhaitons bien cordialement la bienvenue.

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Les administrateurs du site font relâche pendant quelques semaines. Nous serons de retour vers la fin du mois d’août. Bonnes vacances à tous.

René Lévesque en vacances

Témoignage

Par Gratia O’Leary

Gratia O’Leary a été attachée de presse de René Lévesque pendant huit ans. C’est à son mari, Walter O’Leary, qu’elle doit son engagement au mouvement indépendantiste québécois. Elle milite activement et c’est par un concours de circonstances qu’elle devient attachée de presse du parti et  de son président René Lévesque en 1974. Au lendemain de l’élection de 1976 elle l’accompagne à Québec et travaillera à ses côtés jusqu’en 1981. Une grande amitié la liait à Corinne Côté ce qui explique ces vacances des deux couples aux États-Unis.


René Lévesque aimait la mer quasi immodérément. L’eau était son élément de prédilection et en tout premier lieu le Fleuve Saint-Laurent car pour lui, comme pour beaucoup de gaspésiens,  le fleuve de son enfance c’était la mer. À New Carlisle  l’eau est salée, l’immensité est là, les embruns, l’air iodé et les vagues tantôt vertes tantôt grises selon les caprices du temps.

Si, au cours d’une tournée il survolait le fleuve, ses yeux brillaient d’une façon particulière, il se penchait vers le hublot, oubliait son entourage et on sentait son esprit partir vers un rêve d’enfance, vers sa Gaspésie natale. Quand il revenait de ce songe éveillé il lui arrivait de comparer le fleuve à une immense main aux longs doigts enserrant le territoire québécois de ses affluents.

Pour monsieur Lévesque les vacances ça voulait presque toujours dire mer, océan. Dans les années 50, avec sa famille il se rend en Nouvelle-Angleterre et découvre avec bonheur Cape Cod :  «…cette merveille du monde dont le sud reçoit les courants tièdes du Gulf Stream …» «…c’est là que je retourne chaque année pour deux ou trois semaines d’une thalassothérapie dont mon organisme gaspésien ne peut se passer…» écrit-il dans son autobiographie.

J’ai vécu quelques unes de ces «thalassothérapies» avec lui, Corinne sa femme et mon mari Walter. C’est d’ailleurs Corinne qui avait eut l’idée que nous nous retrouverions là-bas  en voisins de vacances. Pour Walter et moi c’était une première, nous ne connaissions pas la Nouvelle-Angleterre  et nous acceptâmes spontanément. Très spontanément car, j’avoue qu’en conduisant depuis Ogunquit vers Boston je me suis prise à penser que de passer des vacances avec son patron n’était peut-être pas l’idée du siècle. Je n’en soufflai mot un peu anxieuse sur ce qui nous attendait. Lévesque m’avoua par la suite qu’il avait eu le même questionnement. Et si j’allais lui parler boulot! Il m’avait bien mise en garde : pas question de discuter travail pendant ce temps sacré.

Nos cottages avaient un mur mitoyen et nos petites terrasses sur front de mer se touchaient; un rituel composé de périodes d’intimités et de sociabilités s’établit tout naturellement.

René Lévesque et Corinne se levaient tard car ils jouaient aux cartes et lisaient fort avant dans la soirée. Surtout en vacances. Ils commençaient leur journée par des cafés noirs accompagnés, pour lui, de toasts brulées en jouant une partie de scrabble ou de yum. Ensuite monsieur Lévesque partait vers la plage avec livres et revues sous le bras. S’asseyait carrément dans le sable ou sur une chaise droite en plein soleil. Il pouvait ainsi passer des heures tantôt lisant, tantôt songeant. On le voyait scruter l’horizon régulièrement. Un tout petit bonjour si on se croisait. C’était tacite : pas de placotage. Il se baignait, revenait au soleil sans jamais se protéger. Il bronzait rapidement et ce tan accentuait le bleu de ses yeux perçants et la blancheur de sa longue mèche de cheveux.

Le reste de la journée se passait ainsi, parfois marqué d’une petite virée vers un centre commercial pour acheter le Boston Globe ou le New York Times, des revues américaines ou une nouvelle parution en «pocket book». Pendant cette halte annuelle il ne lisait aucun journal du Québec ou du Canada. Interdit également aux conseillers et, plus tard, après 1976,  aux ministres de communiquer avec lui, sauf en cas d’urgence. René Lévesque qui travaillait très fort, très intensément avait la merveilleuse capacité de couper complètement dès qu’il se mettait en mode repos, que ce fut pour quelques heures ou pour quelques semaines. Lui-même ne téléphonait pas au bureau, il faisait confiance à ceux et celles qu’il avait délégué aux affaires.

C’est à l’heure de l’apéro qu’il redevenait sociable comme il disait. Il avait garni une assiette de canapés ou d’une trempette et de quelques chips et place au dry Martini dégusté lentement. Alors là, c’était le bonheur de la conversation, des échanges sur les lectures de la journée. Comme elles étaient très variées on pouvait parler longtemps. Il aimait aussi bien les romans policiers que les biographies, la science fiction que le dernier Goncourt ou Pulitzer. Il lisait tant en anglais qu’en français et aimait partager ses enthousiasmes et ses déceptions. « Très bien racontée cette histoire » ou encore  « Bien faiseux cet écrivain ». Je me souviens d’une année ou tous les deux, sans s’être consultés, avions acheté «Sophie’s choice», nous le lisions dans la journée,  séduits par la qualité de l’écriture et captivés par l’histoire du William Styron, romancier mais également  journaliste apprécié de Lévesque. Nos conversations pouvaient glisser vers quelques souvenirs de reportages, de rencontres avec des gens connus ou non, d’anecdotes du temps de la guerre. Ses descriptions très imagées nous captivaient.

L’apéro était suivi d’un bon repas qui constituait pour lui une partie importante de la vie et par conséquent des vacances. Souvent au restaurant mais aussi chez les uns les autres, toujours pour se gaver de fruits de mer, surtout de homard dont on abusait. C’est lui qui m’enseigna  que ce crustacé à  son  meilleur ne devait pas dépasser une livre et demie;  de mon côté je lui avais fait découvrir ma mayonnaise à l’ail comme accompagnement. Il en raffolait.

C’était aussi l’occasion d’essayer  des vins américains tant décriés à l’époque, au cours de vacances précédentes il avait découvert les blancs californiens.  Oh! ces Chardonnay bien frappés qui mettaient tout le monde de bonne humeur et engendraient cascades de rire et taquineries.

La soirée se concluait par une petite partie de poker aux mises bien modestes au cours desquelles il riait de bon cœur des maladresses de Walter,  joueur très occasionnel mais qui gagnait tout le temps ce qui enrageait Corinne et le réjouissait d’autant plus.

C’était un compagnon fort agréable complètement disponible et détendu se laissant gagner par la douceur des journées en bord de mer, heureux d’être là, à ce moment-là.

Monsieur René Lévesque

Témoignage

Par Pierre F. Côté, c.r., o.q.

Né à Québec, avocat et diplômé en relations industrielles, Pierre-F. Côté entre dans la fonction publique québécoise en 1960. Il occupe le poste de secrétaire particulier, puis de chef de cabinet de René Lévesque, alors ministre des Ressources naturelles dans le gouvernement libéral de Jean Lesage. Greffier de la ville de Québec de 1969 à 1978, il est nommé par l’Assemblée nationale au poste de Directeur général des élections, qu’il occupera jusqu’en 1997. Son expérience et ses connaissances en ont fait un consultant très demandé sur le plan international.


De prime abord, ce qui était fascinant chez lui, c’était son regard. Ses yeux bleus? Peut-être. Dès qu’il y avait une personne devant lui, il la regardait droit dans les yeux. À cet instant, se produisait la seule chose qui lui importait vraiment: plonger son regard dans celui de l’autre pour communiquer, pour établir un contact. Cette personne, uniquement de par sa nature humaine, avait alors droit à son respect. Elle était pour lui ce qu’il y avait de plus important au monde. Subjugués, sous le charme, rares étaient celui ou celle qui pouvaient y résister.

Ce grand humaniste, avec son sourire en coin, suscitait instantanément l’adhésion. D’une vive intelligence, son esprit de synthèse faisait rapidement le tour de la question, en sondait le cœur, la dépouillait et la ramenait à l’essentiel. Très souvent, lorsqu’on lui adressait la parole, il n’était pas nécessaire de terminer sa phrase. Il avait déjà compris. Que de temps lui a-t-on fait perdre en paroles inutiles?

Il abhorrait la violence: elle qui a été trop souvent en sa présence sur les champs de bataille. Il n’en soufflait jamais mot.

Ses impatiences, et il en avait, étaient surtout dues au fait que son interlocuteur était parfois lent à comprendre. Son éloquence était à rebondissements. Une phrase trouvait sa fin à la suite de mille parenthèses, mais il n’en perdait jamais la trace.

Sa droiture, qui lui venait de son père, le rendait intransigeant. Nul faux-fuyant, nulle magouille n’en a eu raison. Était-il dans l’erreur qu’il camouflait habilement la réalité sous une fausse humilité. Il était pourtant humble et cette humilité lui venait du terroir, de «l’humus». Les deux pieds sur terre, prenant mesure sur la vérité, il savait ce qui était vrai, ce qui pouvait être magnifié et ce qui devait être tu. Le silence éclatait et disait alors la seule chose qu’il était important de savoir.

De petite taille, Monsieur Lévesque était un grand homme et il le demeure. De cette trempe, il n’y en a que quelques-uns par siècle et encore au Québec…

Québec, le 10 février 2010

Du nouveau

Nos visiteurs remarqueront un certain nombre de nouveaux documents dans la section Écrits de René Lévesque. Parmi ceux-ci, nous voudrions attirer l’attention des internautes sur les suivants:

  • Trans-Europe-Express – Carnet de voyage: En 1972, René Lévesque, président du Parti Québécois, effectue une tournée dans quelques pays d’Europe occidentale. Ces chroniques, publiées d’abord dans le Journal de Montréal, sont le reflet très vivant de ce voyage.
  • Aux quatre vents: Il s’agit d’un extrait d’une pièce de théâtre radiophonique écrite par un tout jeune René Lévesque avant son départ pour l’Europe en tant que correspondant de guerre.  Le manuscrit n’a été retrouvé qu’en 1996 et la pièce a été créée pour la seule et unique fois en 1999 à la Chaîne culturelle de Radio-Canada.
  • Projet de lettre adressée à Jean Lesage (2 août 1967): Ce document est resté inédit pendant une quarantaine d’années. Il nous permet de saisir l’état d’esprit dans lequel se trouve René Lévesque après la visite du général de Gaulle et à quelques semaines de son départ du Parti libéral du Québec. Il est précédé d’une présentation de Jean-Paul Cloutier qui précise en quelles circonstances il fut retrouvé.

Un véritable Homme d'État

Nous inaugurons avec le texte qui suit une nouvelle rubriques « Témoignages ». Il s’agira de courts textes où diverses personnes racontent une rencontre, une anecdote, un événement concernant René Lévesque. Nous invitons nos visiteurs à nous faire parvenir des témoignages, tout en nous réservant le droit de les publier ou pas.


Témoignage

Par Éric Gourdeau

Éric Gourdeau, ingénieur-forestier et économiste, a été l’un des premiers proches collaborateurs de René Lévesque en politique, notamment en matière de ressources naturelles et en ce qui concerne les relations avec les nations autochtones. Parmi les nombreux postes qu’il a occupés, tant dans la fonction publique que dans le secteur privé, notons qu’il a été, de 1964 à 1968,  le premier directeur de la Direction générale du Nouveau-Québec, et secrétaire général associée au Secrétariat des activités gouvernementales en milieu amérindien et inuit (SAGMAI).


René Lévesque m’a été présenté au milieu des années 1950 par un robuste bûcheron dans mon chantier forestier du fief Hubert. Dans la jeune vingtaine à l’instar des 100 autres bûcherons et, tout comme la plupart, entré sur le marché du travail dès la 4e ou 5e année d’études primaires terminée, il était ce matin-là au travail après une courte fin de semaine au domicile de ses parents à Saint-Raymond de Portneuf.

Venu l’aider vers 10 heures à corder les nombreux « quatre pieds » qu’il avait tiré des sapins et des épinettes dans son « rond de bois » – une routine qui me valait chaque fois d’intéressants échanges – je l’entends soudain me demander si je suis au courant de la situation explosive qui sévit au Moyen-Orient; lui la connaît surprenamment bien; me cite des noms de pays, de groupes, de chefs d’État impliqués. Il a appris tout cela à regarder, la veille en soirée, René Lévesque au petit écran.

Avouant à la fois mon ignorance et mon intérêt, je l’assure que je deviendrai dès ce moment un auditeur assidu de l’émission Point de mire, dont il est enthousiaste étant donné, me dit-il, qu’il est tellement intéressant et facile de comprendre ce que René Lévesque dit avec simplement sa petite craie et son tableau noir.

Début septembre 1960, René Lévesque m’invite à venir l’épauler dans la réalisation de projets auxquels il estime urgent de s’attaquer, dont la création d’un important ministère des Richesses naturelles à partir du petit ministère des Ressources hydrauliques dont Jean Lesage lui a confié la direction.

Je me trouve soudain devant un homme à l’esprit clair, au langage direct et persuasif et qui exprime avec une profonde conviction sa foi dans le rôle primordial que doit tenir l’État pour assurer les nombreuses et nécessaires transformations à opérer dans la société, depuis l’épuration des mœurs politiques jusqu’à l’implication des Québécois dans l’édification d’une société ouverte sur le monde et sûre d’elle-même.

Je sortis de son bureau avec la nette impression d’avoir rencontré un véritable Homme d’État.

Une impression qui n’a fait que se confirmer et vraiment s’amplifier tout au long des années passées à travailler à ses côtés et à observer chez lui un comportement démocratique indéfectible, une incorruptibilité exceptionnelle et une profonde dévotion au bien commun, notamment à l’égard des petits de la société et des laissés pour compte.

C’est dans ce contexte de valeurs civilisatrices profondément assumées qu’il convient de retracer les réalisations marquantes de René Lévesque et celles accomplies sous son autorité de Premier ministre, que l’on mentionne la « nationalisation » de l’électricité, les lois sociales, la réforme électorale, l’assurance automobile, le zonage agricole, la loi sur la langue officielle du Québec, ou son intérêt et sa confiance profonde à l’égard des autochtones dont les ancêtres, en accueillant les nôtres, ont jadis assuré notre survie.

L’étroite association que René Lévesque a régulièrement présentée entre ses remarquables réalisations et sa fierté d’être québécois continuera d’inspirer celles et ceux qui persévéreront à croire possible l’élaboration de notre identité nationale par la rencontre d’idéaux partagés.

Recension

Nous publions ici une recension des actes du colloque de 2007 parue dans la Revue Recherches sociographiques de l’Université Laval, Volume L, numéro 2, mai – août 2009.


René Lévesque. Mythes et réalités. sous la dir. de Alexandre Stefanescu, Montréal, VLB, 2008.

Par Anne Legaré, Professeur associé, Département de science politique, UQAM


La lecture de cet ouvrage, qui rend compte des échanges qui ont eu lieu à Montréal le 23 novembre 2007, rappelant le décès, vingt ans plus tôt, de René Lévesque, représente une rare synthèse des interrogations que son action a suscitées. Plusieurs contributions de cet ouvrage apportent un éclairage approfondi pour tous ceux qui s’interrogent sur les transformations du Québec suite aux objectifs qu’il lui a fixés. L’ouvrage cerne avec justesse l’ensemble des questions, des problèmes, des interprétations de cet héritage. Le livre est accompagné du CD d’un discours inédit de René Lévesque, prononcé en la salle du Gesù le 9 mai 1964, adressé aux étudiants du collège Sainte-Marie et dont l’enregistrement est impeccable. Ce document suffit à lui seul pour comparer le destinataire du projet de Lévesque au projet identitaire qui taraude le mouvement souverainiste aujourd’hui. De plus, on comprend que Lucien Bouchard a su respecter, sinon imiter, le ton oratoire fort modeste qui caractérise René Lévesque, gage de son succès.

Le colloque et le livre sont construits autour de quatre principaux thèmes : les mythes et réalités qui façonnent l’image de René Lévesque, puis les influences qu’il a subies et l’héritage qu’il a laissé et, enfin, l’interprétation de son engagement social et national. Pour les fins de cette brève étude, je m’en tiendrai aux enjeux les plus discutés, laissant injustement de côté plusieurs contributions qui font aussi la qualité de ce livre. C’est pourquoi, en respectant l’ordre d’exposition de ces textes, je mettrai l’accent sur ce qui me paraît ouvrir davantage sur les débats actuels.

En guise de mise en bouche, un texte de Daniel Jacques aura, en débutant, un effet d’interpellation, même si c’est sur un mode refroidissant. Jacques propose par fines touches une critique de l’« impuissance à penser l’histoire » de celui qui, au soir du premier référendum, ne saisissant pas le caractère sacré de cet acte politique, a  entraîné l’incapacité des souverainistes à penser cette défaite. Jacques précise que le premier référendum « ne devait pas être utilisé comme un instrument de la politique ordinaire, réutilisable à volonté, rechargeable à perpétuité » (p. 26). Cette seule problématique, non reprise dans la suite des exposés, pose dans des termes nouveaux le poids intrinsèque de l’échec dans la logique éternelle de  recherche de « plénitude politique » qu’est la  souveraineté. Éloigné de tout souci stratégique ou tactique tel celui qui a dominé abusivement l’imaginaire de cette quête, cette pensée amène à dépasser les évidences rationalistes qui caractérisent souvent les analyses politiques et engage un rapport à l’histoire débarrassé de volontarisme, ce qui permet de nommer ce qui n’a pas encore été nommé.

Un ensemble de textes interrogent le rapport de Lévesque à la social-démocratie, puis au nationalisme. Là aussi, des pièces maîtresses dépassent la routine des représentations habituelles. Serge Denis offre un très long développement sur le rapport de Lévesque au mouvement ouvrier dans le cadre de l’histoire internationale de ce mouvement. Cette méthode présente un double avantage, celui d’extraire la réflexion de son localisme tout en rappelant, comme il se doit, les profondes transformations de la social-démocratie au cours des cinquante dernières années (surtout en Europe), permettant ainsi de soustraire la critique des réformes de Lévesque à un cadre figé de nature appropriée. Denis peut ainsi aborder l’action de Lévesque en faisant ressortir sa spécificité en contexte nord-américain. Il évite d’accabler ce parti d’interprétations inappropriées qui le soumettraient au déterminisme d’un parti ouvrier inexistant.

Ce texte d’une trentaine de pages, souligne le double caractère de l’engagement de Lévesque : «  … à la fois simple et complexe. Simple, parce que René Lévesque ne présenta jamais la démarche qu’il engageait en 1967 comme une projection sur la scène politique des dynamiques sociales que porte le mouvement ouvrier…En même temps, dans les rapports de pouvoir au sein de la société, rapports de nature socioéconomiques et sociopolitiques… son action s’est donc approchée de fonctions qu’ont assumées les partis de la social-démocratie » (p. 95-96). Si l’auteur assume que « René Lévesque ne fut pas un homme du mouvement ouvrier » (p. 118), il reconnaît que «  le projet qu’il met alors en avant s’avère, de fait, analytiquement et par comparaison, davantage assimilable à un projet « libéral de gauche » – un peu comme ceux qu’on a pu identifier dans l’histoire, même récente,…partisans incontestables de réformes, parfois hardies, ces partis ne se considèrent pas et ne sont pas considérés comme des partis ouvriers – qu’à un projet social-démocrate » (p. 101). Voilà qui lève bien des ambiguïtés.

Sous un tout autre éclairage, le texte d’Éric Bédard situe l’héritage social et national de Lévesque à l’aide de références trop souvent oubliées. Avec le souci de l’historien, Bédard s’applique à remettre en mémoire les racines sociopolitiques d’une partie du mouvement nationaliste ayant présidé à la fondation du Parti québécois. Autour de Lévesque, s’applique-t-il à le rappeler, s’est formée une « alliance avec les « bleus ». Cet électorat « bleu », Bédard le définit ainsi : « un électorat généralement francophone, vivant surtout en périphérie du cœur intellectuel et culturel de Montréal; un électorat issu des classes moyennes, paysannes et semi-urbaines…culturellement plus conservateur,… attaché à un modèle familial plus traditionnel… un électorat pas toujours enclin à célébrer les mutations politiques et culturelles vécues par la société québécoise des années 1960 et 1970…un électorat plus « autonomiste » qu’ « indépendantiste », prêt à voter pour la souveraineté à la condition que celle-ci n’entraîne pas une rupture trop brutale avec le Canada; un électorat qui, autrefois, vota pour l’Union nationale, voire même pour les candidats du mouvement créditiste… » (p. 147-148). À partir de ce « refus de la rupture » (p. 149), Bédard isole d’un côté les fervents du RIN et de l’autre, le Regroupement national dont plusieurs idées, exprimées dans La Nation, « avaient tout pour plaire à René Lévesque quelques années plus tard » (p. 152). Une alliance qui conduira en 1966 à la fusion du Regroupement national et du Ralliement des créditistes par la création du Ralliement national. Bédard souligne que les écrits de Lévesque montrent combien il était plus proche «  de la vision pondérée et pragmatique des fondateurs du Regroupement national » (p. 156). Ce qui explique « une ferme volonté d’inscrire le projet souverainiste dans une continuité historique » (p. 156). Les liens multiples à établir entre les propositions de Serge Denis et celles d’Éric Bédard illustrent à souhait la complexité de l’homme et du projet, telle que rappelée par plusieurs autres  auteurs.

Enfin, le texte de Guy Lachapelle et le document enregistré d’un discours de René Lévesque qui accompagne l’ouvrage fournissent les sources indispensables pour la mise à jour de la pensée de Lévesque sur le nationalisme québécois. Ce débat est d’une étonnante actualité dans la mesure où il montre le conflit récurrent apparu au cours des dernières années entre la référence à l’identité canadienne-française et le passage à l’identité québécoise. Ce passage a-t-il d’ailleurs été pleinement accompli dans les rangs souverainistes? Ces pages, signées par Lachapelle, illustrées par le discours, permettent de prendre acte d’une question qui reste ouverte. Ainsi, selon Lachapelle, sa conception de la « nation québécoise » en ferait « davantage qu’un simple groupe ethnique » (p. 203). Toute la question est là. Depuis les années 1960 et tout particulièrement entre le discours prononcé en 1966 à l’adresse des étudiants du Gesù et maintenant, le destinataire du discours nationaliste a changé. En 1966, Lévesque le dit bien : le nationalisme est le pour soi, la préférence à l’endroit du « groupe national canadien-français », ce qui n’est pourtant pas davantage qu’un groupe ethnique. En 2009, le destinataire s’est élargi et est devenu « québécois ». Depuis le début des années 1990, sous la direction de Jacques Parizeau, puis de Lucien Bouchard et de Bernard Landry, le destinataire se définit par son appartenance au sol québécois : toute personne résidant au Québec est définie par l’identité québécoise. C’est le droit du sol qui fonde le projet de souveraineté. Tous les résidents du Québec sont des québécois. Comme on le sait, dans ce conflit entre une nation d’origine et une nation construite, se condensent les autres enjeux, entre une gauche progressiste et un centre-droit conservateur, renvoyant aux textes précédents qui illustrent aussi un mouvement et un parti souverainistes divisés sur un triple plan, social, national et stratégique. Enfin, seulement deux femmes sur quatorze contributions ont trouvé place dans ces actes, Lysiane Gagnon et Martine Tremblay, alors que l’héritage de René Lévesque a accompagné l’émancipation des femmes et la présence de nombreuses sociologues du politique.

La Révolution tranquille : 50 ans après

par Martin Pichette, candidat à la maîtrise en histoire à l’Université de Montréal

Il nous apparaît impossible de parler de la Révolution tranquille sans traiter de la contribution de  René Lévesque à ce moment de notre histoire.  Le cinquantième anniversaire de la prise du pouvoir par « l’Équipe du tonnerre » de Jean Lesage ainsi que la diffusion par Radio-Canada de la série audio « La Révolution tranquille, 50 ans après» nous offre l’occasion de réfléchir sur le rôle fondamental de René Lévesque en tant qu’acteur de cette période fondatrice de l’État québécois moderne.

René Lévesque aura été à tous égards un « révolutionnaire tranquille ».  Tout au long de sa vie, il aura désavoué toutes formes de radicalisme, privilégiant plutôt les démarches démocratiques.  Il importe de souligner que le renversement de l’ancien régime ainsi que la sécularisation de la société se sont opérés dans un climat serein et démocratique, ce qui est tout à fait singulier.  Dithyrambique ou non, c’est tout comme si, à l’instar de Lévesque, la violence ne faisait pas partie de notre ADN collectif.

Il ne s’agit pas ici de préciser le moment où débute la Révolution tranquille ni où elle s’arrête.  Il nous apparaît cependant déconseillé de réduire ce phénomène à une rupture dichotomique entre « avant et après 1960 ».    Les Québécois ne vivaient pas sur une autre planète avant le 22 juin 1960 !  À tout le moins, le parcours de René Lévesque corrobore cette évidence.

Le Québec ne vivant pas en vase clos,  les événements sur la scène internationale allaient teinter et orienter le développement du Québec.  La Révolution tranquille, en gestation depuis la fin des années quarante, sollicitait également le regard du Québec sur l’étranger ainsi que sur lui-même.  En tant que correspondant de guerre lors de la Seconde Guerre mondiale, Lévesque contribuait à la diffusion de l’évolution de la situation sur l’échelle internationale.  Lié aux troupes américaines du général George Smith Patton, René Lévesque et celles-ci atteindront le camp de concentration de Dachau.  Ce macabre épisode allait évidemment ébranler René Lévesque, qui sera également correspondant de guerre pendant la Guerre de Corée.  La présence de Lévesque en Europe au temps de la Seconde Guerre mondiale en tant que témoin préfigurait la naissance du Québec sur la scène internationale.

Très présent sur la place publique, le journaliste Lévesque allait poursuivre sa démarche d’éducation populaire, avec ses nombreux articles et aussi, la fameuse émission Point de mire, au moment où la télévision faisait son apparition dans les foyers québécois.  Cigarette au bec, tableau noir, craie à la main et cartes géographiques à l’appui, Lévesque expliquait aux téléspectateurs les causes et conséquences des conflits de la scène internationale.  Le Québec s’ouvrait ainsi sur le monde.  Prise individuellement, la grève des réalisateurs de Radio-Canada (1958-1959), dans laquelle Lévesque fut fortement impliqué, constituait également une manifestation  de volonté collective de changement social.  Lorsque Lévesque quitta Radio-Canada en 1959, il était certainement devenu une personnalité publique en vue.

Le fameux 22 juin 1960, le gouvernement libéral de Jean Lesage prenait les commandes de l’État et mettait ainsi fin à une longue domination de l’Union nationale de Maurice Duplessis.  Lévesque, quant à lui, fut élu député de la circonscription de Laurier.  Conscient du potentiel de son député-vedette, Jean Lesage lui confia le ministère des Ressources hydrauliques (qui deviendra le ministère des Ressources naturelles) et celui, plus accessoire, des Travaux publics.  Deux ans plus tard, le gouvernement Lesage convoqua de nouveau les Québécois à des élections, sur le thème de la nationalisation de l’hydro-électricité.  Ce projet fut encore une fois l’occasion pour Lévesque de reprendre sa vocation pédagogique, expliquant aux Québécois à la télévision les enjeux de la nationalisation.  Plébiscité, Lévesque pilota ce projet qui devint très certainement, un moment fort de la Révolution tranquille.  À cet égard, la nationalisation de l’hydro-électricité deviendra l’incarnation de la devise « Maîtres chez nous ».  En tant que ministre de la Famille et du Bien-être social (1965-1966), Lévesque contribua significativement à l’édification du filet social québécois, notamment avec la création d’un service d’assistance médicale, d’une aide aux familles monoparentales et un régime d’adoption.

Contemporain de la Seconde Guerre mondiale, Lévesque craignait les dérives ultranationalistes.  Il désapprouvait initialement les velléités indépendantistes du RIN et encore plus, les actions terroristes du FLQ.  De plus, il allait réagir avec circonspection au fameux « Vive le Québec libre » du Général de Gaulle, au balcon de l’Hôtel de ville de Montréal, à l’été 1967.  Cependant, René Lévesque travaillait à l’élaboration d’une position constitutionnelle pour le Québec face au Canada, position qu’il souhaitait voir adoptée par le Parti libéral du Québec, alors parti de l’opposition officielle.  Celle-ci allait devenir le manifeste « Option Québec » (publié en 1968), dans lequel il optait pour la souveraineté du Québec assortie d’un partenariat économique avec le Canada : c’est la souveraineté-association.  Lévesque aurait voulu que sa proposition soit débattue au sein de son parti.  Face au refus des membres du PLQ, au congrès de l’été 1967, il allait démissionner le 14 octobre.

Lévesque et Camus

Nous avons pensé que nos visiteurs pourraient être intéressés par ce texte de Christian Rioux, paru dans Le Devoir du 8 janvier dernier, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la mort d’Albert Camus. Nous remercions Christian Rioux et le quotidien Le Devoir de nous avoir accordé la permission de reproduire cet article.

Camus essentiel

Christian Rioux

Par un curieux hasard, je relisais cette semaine les mots prononcés par René Lévesque en octobre 1970. «Ceux qui, froidement et délibérément, ont exécuté M. Laporte, après l’avoir vu vivre et espérer pendant tant de jours, [...] ont importé ici, dans une société qui ne le justifie absolument pas, un fanatisme glacial et des méthodes de chantage à l’assassinat qui sont celles d’une jungle sans issue. [...] S’ils ont vraiment cru avoir une cause, ils l’ont tuée en même temps que Pierre Laporte.»

Les hasards de la lecture sont impénétrables. Soudainement, ces mots me sont apparus comme la traduction politique de ceux prononcés soixante ans plus tôt par un autre homme dans un autre contexte. Les voici: «Chaque fois qu’un opprimé prend les armes contre l’injustice, il est obligé malgré lui d’entrer dans l’univers de l’injustice.»

Nul doute que Lévesque avait lu et médité l’auteur de cette phrase et que, sans cela, il n’aurait jamais pu restaurer dans toute sa noblesse véritable, comme il le fit en 1970, l’idéal de l’indépendance du Québec. Cet auteur, c’était Albert Camus. Lorsque je relis Lévesque, j’ai presque l’impression d’entendre Camus. Comme l’auteur de L’Étranger, Lévesque avait pris le parti des opprimés. Comme Camus il combattait l’arbitraire des puissants, ici celui de Trudeau et de sa Loi des mesures de guerre. Mais, comme Camus, il le fit avec une conscience aiguë des limites de l’action politique, fût-elle au service d’une cause juste. Le doute qui s’exprimait chez Lévesque jusque dans ses intonations n’est d’ailleurs pas sans rappeler Camus.

Je ne vois pas d’exemple plus percutant pour saisir l’actualité d’un écrivain dont on souligne cette semaine le 50e anniversaire de la mort. En cette époque où le terrorisme est devenu un événement quotidien et où la liberté est une marque de yogourt, disait Falardeau, il y a peu d’écrivains plus actuels. Il faudrait en obliger la lecture à tous ceux qui rêvent encore d’idéologie ou qui se cherchent chez les immigrants ou ailleurs une nouvelle classe ouvrière rédemptrice. La leçon vaut à droite comme à gauche. La semaine dernière, je lisais dans La Presse que la démocratie en Chine «finira fatalement par arriver». Rien que ça! Camus a pourtant tout dit sur le «sens de l’histoire», cette baliverne marxiste aujourd’hui ressuscitée par les néolibéraux.

Certains déploreront une commémoration un peu factice. Je ne peux pourtant que me réjouir en voyant le visage d’un tel homme à la une des magazines. Son célèbre mégot reproduit sur les affiches de tous les kiosques à journaux parisiens apparaît comme un défi à la rectitude politique de l’époque. Et puis, je me dis qu’il y a quelque part, dans Hochelaga-Maisonneuve ou à Dakar, un enfant de 15 ans qui croisera ce regard et qui se mettra à lire.

On aurait tort de cantonner Camus dans les chapelles littéraires. Il est d’ailleurs bien plus populaire que ces auteurs que l’on dit appartenir à la littérature populaire. Son chef-d’oeuvre L’Étranger est le livre de poche le plus vendu dans la francophonie, avec 6,7 millions d’exemplaires, devant Le Petit Prince de Saint-Exupéry. Il s’en est vendu quatre millions d’exemplaires au Japon seulement. Même George W. Bush disait l’avoir lu. Voilà qui devrait clore le bec à ceux qui décrètent la mort de la culture française. Car, au fond, Camus est plus vivant que bien des auteurs actuels.

S’il fallait lire un seul livre de Camus, c’est peut-être Noces qu’il faudrait choisir. Pour la communion avec la mer, le soleil et la vie. Et pour ces dieux qui «parlent dans le soleil et l’odeur des absinthes». C’est cet amour de l’humanité qui a préservé Camus des idéologies totalitaires de droite et de gauche.

À la radio, on se chamaillait cette semaine, au Québec comme en France, pour savoir si Camus devait être admis chez les philosophes. Ces derniers n’ont jamais goûté son écriture simple et limpide, inspirée du meilleur journalisme, qu’il a longtemps pratiqué. Un exemple face aux proses pédantes et académiques qu’encouragent tant de nos universités et même certaines gazettes.

Et puis, Camus est un auteur de la francophonie avant la lettre. Cet Algérien dans l’âme, qui fit des reportages sur la misère en Kabylie, n’a jamais renié sa terre. C’est là qu’il a puisé sa première identité. Sa première compréhension du monde. Sa seule grande erreur politique fut probablement de ne pas avoir choisi à temps l’indépendance de l’Algérie. Par fidélité à sa mère analphabète, disait-il.

Finalement, comment oublier que Camus, né dans les faubourgs d’Alger, fut un pur produit de l’école publique? Pas d’une école qui cède aux modes pour parler de l’actualité et du «vécu» des élèves, mais qui essaie d’assumer tant bien que mal, avec toutes les difficultés que cela représente, son rôle de transmission de ce que l’on nomme si justement les humanités.

Le philosophe Alain Finkielkraut vient d’ailleurs de proposer qu’au lieu de transférer les cendres de Camus au Panthéon, on y envoie celles de l’homme qui lui avait ouvert les portes du savoir: son instituteur Louis Germain, à qui il dédia son prix Nobel. Quelle idée formidable!

Le Devoir - 8 janvier 2010 

Les actes du colloque « René Lévesque, mythes et réalités »

À l’automne 2007 la Fondation René-Lévesque a organisé à la grande Bibliothèque, sous la présidence de Claude Corbo, un colloque scientifique pour marquer le vingtième anniversaire de la disparition de René Lévesque.

Au fil des ans, des biographies et des séries télévisées, une image du correspondant de guerre devenu premier ministre s’est peu à peu cristallisée en figure légendaire. Les politiciens de tous bords, en mal de filiation, se réclament encore régulièrement de ses idées ou de ses actions. Il est devenu la principale référence du monde politique québécois. Pourtant, la connaissance de René Lévesque ne va pas, bien souvent, au-delà des clichés. Qu’en est-il de son parcours intellectuel? Quelles sont les idées, les influences à l’origine de son engagement personnel et de son action politique? Était-il social-démocrate ou libéral? À quel type de nationalisme adhérait-il? C’est à éclairer ces questions que ce sont attachés les participants de ce colloque dont on lira les communications dans cet ouvrage.

colloque_fondation René Lévesque 2007

On lira avec intérêt les textes de Pierre Anctil, Louis Balthazar, Éric Bédard, Marc Comby, Serge Denis, Lysiane Gagnon, Xavier Gélinas, Daniel Jacques, Guy Lachapelle, Michel Lévesque, Pierre Nepveu, Alain Noël, Philip Resnick, Jean-Jacques Simard et Martine Tremblay.

On trouvera en prime un document inédit, l’enregistrement sur CD d’un discours sur le nationalisme prononcé par René Lévesque le 9 mai 1964 au collège Sainte-Marie.

On peut se procurer cet ouvrage dans toutes les bonnes librairies.

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Le Conseil d’administration de la Fondation René-Lévesque offre à tous les visiteurs du site ses meilleurs voeux à l’occasion de Noël et de la Nouvelle année.

Bienvenue à tous

La Fondation René-Lévesque est heureuse de présenter son site Internet. Démarrant de manière modeste, ce site est destiné à s’enrichir progressivement de documents divers évoquant la figure et le temps de René Lévesque.

Nous espérons qu’il sera largement fréquenté, notamment par les générations qui n’ont pas vécu les «années Lévesque», tous ces jeunes pour qui René Lévesque est devenu un mythe et qui ont envie d’en savoir plus sur celui qui a tellement contribué à façonner le Québec moderne.

Nous souhaitons également, conformément à l’un de nos mandats, que ce site devienne un lieu de référence pour les étudiants qui pourraient y trouver des sujets de recherche, des instruments de recherche – je pense ici principalement aux bibliographies et aux documents audiovisuels. C’est par un dialogue avec nos visiteurs que nous pourrons améliorer, au fil du temps, les diverses sections que nous vous proposons.

Enfin, nous voulons que ce site contribue à faire connaître les diverses activités de la Fondation, tels le colloque René Lévesque, mythes et réalités, organisé en 2007 à l’occasion du vingtième anniversaire de la mort de l’ancien Premier ministre du Québec et les diverses actions destinées à favoriser la recherche sur René Lévesque et son temps. De même, nous tâcherons de nous faire l’écho de toute actualité relative à René Lévesque.

Yves L. Duhaime

Président