Belle Fête nationale!


Nous sommes un peuple tenace, fidèle à lui-même, aimant la continuité. Nous avons appris à naître, à survivre et à progresser malgré les obstacles, parce que nous sommes constants, prudents et aussi déterminés. Nous ne procédons pas par bonds, mais par transition. Nous pouvons être pour le changement, pas pour le désordre. Tous les extrémismes nous répugnent naturellement.

Cette façon graduelle et démocratique de procéder fait que le Québec a toujours été et continue d’être une des sociétés les plus stables au monde, en plus d’être l’une des plus riches et des plus productives. En effet, dans nos sociétés d’aujourd’hui, la stabilité se définit bien davantage comme la capacité de s’adapter au changement que celle d’y résister. Car aucune de nos sociétés modernes n’est à l’abri du changement: si on y résiste, on ne fait que préparer pour l’avenir des changements plus violents et plus radicaux. Or, c’est précisément cette capacité qu’a toujours manifestée le Québec d’aménager dans la continuité les changements les plus fondamentaux qui constituent le gage le plus rassurant de sa stabilité économique et sociale.

C’est ainsi que René Lévesque décrivait le peuple Québécois aux Américains en janvier 1977, à peine deux mois après l’élection de son gouvernement, lors d’une allocution importante à l’Economic Club de New York.

Au nom des membres du conseil d’administration de la Fondation, je souhaite à toutes les Québécoises et à tous les Québécois une très belle Fête nationale.

Christian O’Leary
Directeur général

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Un portrait brutal des « mass-media »

René Lévesque
Journal de Montréal, lundi 14 décembre 1970

Observateur éclairé des médias de son époque, René Lévesque s’inquiétait du contrôle privé de l’information et de l’opinion lors de la publication d’un rapport sénatorial sur les moyens de communication de masse. Il déplorait la timidité de l’action gouvernementale face aux enjeux soulevés : qualité de l’information, concentration des entreprises, rétrécissement de l’offre en région et avidité des géants américains qui drainaient les revenus publicitaires tout en profitant de privilèges fiscaux. Si les technologies ont grandement changé, les enjeux d’alors ressemblent étonnamment à ceux d’aujourd’hui.

Ancien téléviseur montrant une image de réseaux sociaux

 – Un permis de télévision, disait naguère le magnat Roy Thompson1, ça équivaut à donner à quelqu’un le droit d’imprimer sa propre monnaie!

Le rapport du comité Davey2 rappelle cette boutade fameuse en parlant de la richesse des principaux mass-medias. Après deux ans, c’est un jeu de trois gros volumes dont vient d’accoucher ce comité sénatorial qui s’était chargé d’étudier l’état des principaux moyens de communication (presse et ondes) au Canada.

L’un des coins les mieux documentés de son enquête est justement celui qui démontre la super-rentabilité des grandes entreprises d’information et de divertissement.

Le cas le plus frappant demeure toujours celui de la TV privée. Obtenir un « canal » , c’est-à-dire le droit d’exploiter à profit un morceau du secteur public, continue d’être le plus exorbitant des privilèges.

De $8,6 millions en 54, les recettes nettes de la TV privée sont passées à $118 millions en 68. Modeste augmentation de 1272 % en 14 ans… C’est au point où les actionnaires peuvent récupérer complètement leur mise de fonds en deux ans d’opération!

Sur ce point, le rapport Davey ne fait d’ailleurs que reprendre et confirmer ce que le rapport Fowler3 avait amplement démontré. De même, concernant les journaux, ne nous apprend-on rien d’essentiel que le rapport O’Leary4 n’eût pas découvert ou prévu, il y a neuf ans…

Enquêtes, rapports, poussière, ré-enquêtes : jamais pays n’aura si bien scruté et gratté ses bobos que le Canada, avec si peu de résultats et sans qu’on perçoive au sommet la moindre volonté nette de passer des rapports à l’action.

Profit maximum, service minimum

Du côté des journaux, quelque plus modérée qu’à la TV, l’importance des profits est également impressionnante. En 65, alors que l’industrie manufacturière n’atteignait que 10,4 % et le commerce de détail 9,2 %, les entreprises de presse touchaient en moyenne 17,5 % de profit net sur le capital investi.

Ce sont naturellement, dans la presse comme sur les ondes, les plus gros qui sont les plus payants. Et de plus en plus, les gros se regroupent à l’intérieur de « conglomérats » qui maximisent les profits tout en rétrécissant sans cesse l’éventail des choix dont dispose l’opinion publique. Là encore, vieux problème, danger depuis longtemps perceptible, d’année en année plus réel et lourd de conséquences : le nombre s’est multiplié des villes ou régions « captives » , desservies et potentiellement manipulées par un seul groupe privé. Mais là non plus, on n’est guère pressé d’agir…

Pendant ce temps, la plupart des groupes majeurs, surtout chez les radiodiffuseurs, infligent à leur clientèle ce que le rapport Davey appelle à juste titre une « saignée à blanc » . Tirant du public qui les entretient des bénéfices extraordinairement élevés, ils ne lui rendent en services que le plus strict minimum tolérable.

Un exemple de cette scandaleuse exploitation m’a particulièrement frappé. C’est celui du tourisme. Industrie en expansion vertigineuse, l’une des plus importantes de la « civilisation des loisirs », le tourisme n’est à peu près nulle part que matière à publicité. Passe encore lorsqu’il s’agit de réclame payée et bien identifiable. Mais, parlés ou écrits, presque tous les soi-disant reportages ou chroniques touristiques ne sont que publicité mal déguisée, attrape-nigauds et paiements de voyages gratuits… Dans les affaires normales, cela s’appelle tout bonnement de la fausse représentation.

Se fier au miracle…

Comment ralentir et contrer ce courant qui mène toujours plus vite au gigantisme, à la médiocrité dorée et, éventuellement, à la menace d’un contrôle privé de l’information et de l’opinion?

Les quelques mesures que préconise le rapport Davey sont dans l’ensemble aussi familières que les problèmes…

Réglementation et moyens de blocage du côté des fusions et concentrations.

Prêts de développement aux petites et moyennes publications surtout aux revues d’opinion dont la vie est singulièrement difficile. Et puis – comme le rapport O’Leary le réclamait jadis, comme le récent congrès libéral l’exigeait à nouveau – l’abolition des exemptions d’impôts dont on a ridiculement permis à Time et Reader’s Digest de profiter. Ces deux mastodontes, dans leurs pseudo – « éditions canadiennes » qui ne sont qu’un dumping à bon marché des éditions-mères américaines, siphonnent une part énorme des budgets publicitaires grâce à ce régime qui permet à leurs annonceurs de déduire comme s’il s’agissait d’authentiques publications canadiennes. C’est l’un des cas les plus flagrants de colonialisme bébête, tolérant, encourageant même l’étouffement systématique des entreprises autochtones.

Dans ce contexte absurde, le rapport Davey note qu’il est proprement miraculeux qu’on soit parvenu, ces dernières années, à créer et faire grandir deux quotidiens nouveaux – qui sont le Journal de Montréal et le Journal de Québec. Mais s’il faut toujours attendre les miracles…

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Notes

1. Kenneth Roy Thomson (1923-2006) était un homme d’affaires torontois très prospère qui doit une partie de sa fortune à l’exploitation de journaux, dont le Times de Londres et le Globe and Mail. En 1980, il contrôlait près d’un cinquième des quotidiens au Canada.
2. Le rapport du comité spécial du Sénat sur les moyens de communication de masse (Comité Davey), déposé en 1970, est présidé par le sénateur Keith Davey. Le rapport porte sur les médias, mais s’intéresse aussi beaucoup à la presse écrite. L’une des principales recommandations du rapport propose la mise en place d’un Conseil de surveillance de la propriété pour surveiller les fusions ou les acquisitions de journaux et de périodiques : « toutes les transactions qui augmentent la concentration de la propriété des moyens d’information sont indésirables et contraires à l’intérêt public — à moins de preuve du contraire » (vol. 1, p. 78). Le rapport restera lettre morte.
3. Il s’agit du rapport du Comité consultatif Fowler sur la radiodiffusion mis sur pied en 1965 et dont les recommandations donneront lieu à l’établissement, en 1968, du Conseil de la Radio-Télévision canadienne qui deviendra, en 1976, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Robert Fowler avait aussi présidé en 1955 la Commission royale d’enquête sur la radio et la télévision (Commission Fowler) lors de l’avènement de la télévision au Canada et dont le rapport avait mené à la révision en 1958 de la Loi sur la radiodiffusion datant de 1936.
4. Rapport de la Commission royale d’enquête sur les publications présidé par le journaliste Michael Grattan O’Leary et publié en 1961.

Cette article se retrouve dans le second tome des Chroniques politiques de René Lévesque publiées aux Éditions Hurtubises, sous la direction d’Éric Bédard et Xavier Gélinas, avec la collaboration de la Fondation René-Lévesque.

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Vœux d’hier et d’aujourd’hui

Pour la période des Fêtes, nous vous invitons à lire les vœux que René Lévesque publiait en 1974 dans le journal Le Jour. Sa chronique rapportait alors les propos d’un Américain et d’un Français posant tous deux un regard affectueux sur le Québec. Les témoignages de ce « voisin » et de ce « cousin » résonnent encore, malgré la distance.

Les membres du conseil d’administration de la Fondation et moi-même vous souhaitons de passer de beaux et joyeux moments avec vos proches. Que la prochaine année soit propice, comme l’écrivait René Lévesque, à « une solidarité nouvelle, assez puissante pour assurer à tous les nôtres ce mieux-vivre dans la justice et la liberté auquel tous les hommes ont le droit d’aspirer ».

Christian O’Leary
Directeur général

 

Vœux d’ici et d’ailleurs

René Lévesque

J’ai gardé pour les Fêtes deux lettres toutes récentes.

Elles constituent en quelque sorte des vœux, éloquents, chaleureux, que font à notre endroit une couple d’étrangers qui ont eu l’occasion de vivre un peu au Québec et de nous connaître.

N’importe qui aurait le droit d’être fier et content de tels témoignages adressés spontanément aux siens. À plus forte raison devraient-ils nous plaire à nous qu’une trop longue dépendance a rendus si incertains de nous-mêmes, si avides et inquiets à la fois de savoir comment les autres nous voient. Eh bien, en voici deux qui nous trouvent vraiment pas pires…

Le premier est un jeune Américain, Ezra Steinberg, que le Vietnam aura amené ici comme conscrit dissident. Il en a profité pour apprendre à nous exprimer en excellent français cette flatteuse nostalgie qu’il a conservée jusqu’à Washington :

« Depuis mon premier séjour dans la province de Québec à la fin de 69, motivé par le désir d’échapper au service militaire obligatoire à l’époque, écrit-il, j’ai gardé un vif intérêt pour votre évolution politique. C’est aussi cet intérêt qui m’a ramené au Québec pour y travailler. Par coïncidence, les élections provinciales d’octobre dernier* ont eu lieu et j’ai été passablement déçu. Pour plusieurs raisons, j’en ensuite quitté le Québec, mais je conserve mon intention de m’installer à Montréal un jour, mais dans un Montréal francophone. Par conséquent, j’ai décidé d’attendre que le peuple québécois prenne sa situation en mains et fasse preuve du courage, de la force et de la fierté dont il est capable et auxquels vous croyez sans aucun doute… »

« … J’espère, ajoute-t-il en terminant, que le parti restera cet outil démocratique que vous avez aidé à créer, parce que finalement l’œuvre d’un vrai parti du peuple est plus importante que celle même de l’indépendance (quoique je pense que l’indépendance se fera tôt ou tard à moins d’une défaillance d’esprit des Québécois qui serait à la fois déplorable et désastreuse)… »

Que dire à ce futur Québécois qui vous quitte sur sa « solidarité sincère », si ce n’est : « Amenez-vous donc tout de suite pour donner un coup de main!  »

Utopie? Pourquoi pas?…

Le second est « Français de France », et s’appelle sauf erreur E. Mathieu. Sauf erreur, car autant sa lettre est aisément lisible, autant il a mis à la signature ce soin infâme que prennent tant de gens pour qu’elle demeure indéchiffrable! Quoi qu’il en soit, voici les propos que lui inspirent des souvenirs personnels, réveillés par des commentaires « divers » que provoquait récemment le voyage de M. Bourassa :

« Aujourd’hui, dit-il, je lis dans le Quotidien de Paris la conclusion de votre entretien : “Le seul prolongement humain important et authentique de la France, c’est le Québec”, et j’ai envie de vous donner mon accord.

Lorsqu’en 1965 je fis un court voyage au Québec, je ne me trouvai pas chez moi chez vous. Toutes les dimensions de l’espace atteignent là-bas une telle ampleur… Mais vos visages français me sautaient au cœur : je n’étais pas chez moi, j’étais chez les miens. Des miens pleins de santé, de gaillardise, d’entreprise, dont l’allure m’enchantait.

Puis je vécus quelques années à Madagascar où je fréquentais des Canadiens français et il m’arriva souvent de leur dire : “C’est à vous qu’il appartiendra d’assurer ici la relève de la présence française.” Ne pouvant être question de colonialisme, mais d’une sorte d’art de vivre où les rapports entre hommes ont de la chaleur, où le savoir se veut gai, où la liberté est une valeur universelle. Bien sûr, cette utopie ne deviendra que peu à peu vie quotidienne… »

En effet, mais comme dit par ailleurs le proverbe chinois : si tu dois faire un très long voyage, le premier pas est déjà la moitié du chemin… Seulement, il y faut aussi ce que notre correspondant nous souhaite en terminant : « longue vie, hardiesse et entreprise. »

Ce que j’essayais aussi, pour mon humble part, d’évoquer dans ces vœux que, selon la coutume politique, j’adressais ces jours-ci à tout le monde au nom du Parti Québécois :

« Cela n’empêche pas de souhaiter à tous les Québécois un Noël aussi détendu et joyeux que possible. Mais plus encore, pendant l’année qui vient, que l’on prenne conscience de la nécessité d’une solidarité nouvelle, assez puissante pour assurer à tous les nôtres ce mieux-vivre dans la justice et la liberté auquel tous les hommes ont le droit d’aspirer. »

Le Jour, Samedi 28 décembre 1974

 

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* Élection québécoise du 29 octobre 1973

 

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Bernard Landry, le patriote

 

Passionné du Québec, indépendantiste déterminé, Bernard Landry a œuvré toute sa vie avec ferveur à l’essor économique, politique, social et culturel de la nation québécoise. Premier ministre de 2001 à 2003, il a dirigé plusieurs ministères importants dans les cabinets de Lucien Bouchard, Jacques Parizeau, Pierre-Marc Johnson et René Lévesque.

Bernard Landry a été un très proche collaborateur de René Lévesque. Comme il l’indique dans sa conférence à notre colloque de 2014 (voir le lien ci-après), les deux hommes se sont rencontrés en 1962 quand il était étudiant en droit à l’Université de Montréal. Président de l’association étudiante, il l’avait invité à venir parler du sujet de l’heure : la nationalisation de l’électricité. Quelques mois plus tard, à la fin de ses études, il ira travailler comme conseiller dans le cabinet de Lévesque, alors ministre des Richesses naturelles. Ce dernier le convainc de poursuivre ses études en économie. Ce qu’il fera à l’Institut d’études politiques à Paris.

Ardent militant à la fondation du Parti Québécois en 1968, il s’est impliqué dans les instances jusqu’à son élection dans Fabre en 1976. Dans le gouvernement de Lévesque, il a été ministre d’État au Développement économique, ministre délégué au Commerce extérieur et ministre des Relations internationales. Après le départ de Lévesque en 1985, il est également devenu ministre des Finances dans le cabinet de Pierre-Marc Johnson. Sous Parizeau et Bouchard, il a occupé les postes de vice-premier ministre, de ministre des Affaires internationales, de l’Immigration et des Communautés culturelles, de ministre des Affaires internationales, de vice-président du Conseil exécutif, de ministre d’État à l’Économie et aux Finances et de ministre du Revenu et ministre de l’Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie.

« La Paix des Braves, c’est un modèle, tellement que les Nations unies s’en sont inspirées pour la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples. »

La signature de la Paix des Braves constitue l’une de ses plus marquantes réalisations qui s’ajoute, entre autres, à son énoncé de politique économique Bâtir le Québec, à la loi sur l’équilibre budgétaire, à la loi anti-pauvreté, à l’adhésion au Protocole de Kyoto et à une palette de mesures économiques structurantes comme le crédit d’impôt pour le secteur du jeu vidéo.

Bernard Landry était aussi un excellent orateur, un commentateur avisé et un professeur très apprécié de ses étudiants.

Pour nous souvenir de Bernard Landry, nous vous invitons à voir ou revoir la conférence d’ouverture donnée en 2014 lors de notre colloque « René Lévesque, les ressources naturelles et le développement économique » où il témoigne de la vision économique de René Lévesque. Vous pouvez également visionner les capsules « mémoires de députés » sur le site de l’Assemblée nationale qu’il a enregistré en 2017.

Nous offrons nos sincères condoléances à toute sa famille et à ses nombreux amis.


Conférence d’ouverture de Bernard Landry : De l’humanisme à l’économie

Autres liens :

Capsule « mémoires de députés » : www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/emissions-capsules-promotionnelles/memoires-deputes/AudioVideo-73441.html

Biographie sur les site de l’Assemblée nationale : www.assnat.qc.ca/fr/deputes/landry-bernard-3937/biographie.html

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